Rome: Appel de la Communauté Sant’Egidio pour le procès de Saddam Hussein
«Exclure la peine de mort des peines admissibles»
Rome, 16 décembre 2003 (Apic) «Sant’Egidio appelle toute la communauté internationale et en particulier ceux qui ont le pouvoir aujourd’hui de décider des modalités du procès de Saddam Hussein (.) à exclure la peine de mort des peines admissibles». Tel est le message lancé par cette communauté en date le 16 décembre, et qui demande un «procès équitable pour Saddam Hussein et tous les prisonniers de guerre en Irak».
La Communauté, fondée par Andrea Riccardi, lance un appel à la transparence, à la présence d’observateurs internationaux, et au respect des principes qui ont inspiré la naissance du Tribunal Pénal International, qui dans tous les cas, excluent la peine capitale des mesures admissibles», continue le message.
Depuis la capture de l’ancien dictateur Saddam Hussein, le 13 décembre, la question de son jugement alimente la controverse. «C’est le tribunal pénal qui a été créé par le Conseil intérimaire de gouvernement la semaine dernière qui va juger Saddam Hussein», a affirmé le 15 décembre le président de ce nouveau gouvernement irakien, Abdel Aziz Hakim, à Edouard Balladur, président de la Commission des Affaires étrangères de l’Assemblée nationale française. «L’ancien dictateur irakien Saddam Hussein risque la peine de mort en Irak, où il sera jugé», a-t-il déclaré lundi à la presse française.
Face à cette situation, la Communauté Sant’Egidio, forte de 40’000 membres et présente dans plus de 60 pays du monde, tient à rappeler «l’importance du respect des droits humains fondamentaux», dont la défense de la vie fait partie. Oeuvre d’évangélisation et de charité, cette communauté a notamment pour principe fondateur le dialogue pour la paix et la coopération dans la résolution des conflits.
Peine de mort abolie dans 112 pays
Dans son communiqué, cette communauté a rappelé que «112 pays avaient déjà renoncé à la peine de mort et que la Commission pour les droits de l’Homme de Genève avait exprimé plusieurs fois la nécessité de bannir la peine de mort, même en temps de guerre». Elle a également cité la charte intitulée «Le monde contre la peine de mort», signée par les prix Nobel pour la paix à Rome le 30 novembre 2003, qui déclare que «la vie peut être seulement défendue avec la vie, jamais en donnant la mort», «que la peine de mort humilie celui qui la subit et l’état qui l’inflige», et que «le monde est capable de renoncer à la peine de mort comme il a su dans le passé refuser la torture et l’esclavage». (apic/imedia/bb)




