L’évêque colombien toujours entre les mains de la guérilla
Rome: Appel des Pères synodaux en faveur de Mgr Quintero
Rome, 3 décembre 1997 (APIC) Les Pères du Synode spécial pour l’Amérique actuellement réunis au Vatican ont lancé mardi un appel pour la libération de leur confrère colombien, Mgr Jose de Jesus Quintero Diaz enlevé la semaine passée par un groupe armé de l’ELN. L’appel est également destiné à libérer toutes les personnes actuellement séquestrées en Colombie.
Né en 1949 à Medellin, Mgr Quintero Diaz, a été consacré évêque en 1996. Evêque titulaire de Tibu, au Nord-est de la Colombie (650 km de Bogota), il a été enlevé le 25 novembre à son domicile par des membres présumés de l’armée de libération nationale (ELN), inspirée de la guéérilla menée à l’époque par le Che Guevara. Ce même groupe guévariste serait responsable également de l’enlèvement le jeudi 27 novembre, du maire de Tibu lui-même.
Les 297 évêques réunis en Synode depuis le 16 novembre, et jusqu’au 12 décembre, dénoncent l’enlèvement de Mgr Quintero Diaz comme «un fait douloureux qui s’ajoute à tant d’autres violations des droits de l’homme qui rendent difficile la cohabitation pacifique et fraternelle» dans le continent américain.
Ils élargissent leur appel en faveur de toutes les personnes victimes d’enlèvements en Colombie et demandent que les membres du groupe armé respectent «la dignité et l’intégrité de ces personnes et que l’on arrive à la rapide libération de toutes les personnes séquestrées».
Les Pères synodaux invitent au «dialogue ouvert et sincère», et invoquent Notre-Dame de Guadalupe, patronne de l’Amérique, pour la construction de la paix sociale. Le message, qui a été approuvé et longuement applaudi par toute l’Assemblée synodale, manifeste la solidarité etla communion de toute l’Amérique et Rome, puisque le texte a été présenté à la fois par les cardinaux Eugenio de Araujo Sales, archevêque de Rio de Janeiro, et Roger Michael Mahony, archevêque de Los Angeles, ainsi que par Mgr Dario Castrillon Hoyos, pro-préfet de la Congrégation romaine pour le clergé. Il révèle aussi le souci pastoral des évêques pour la situation sociale dans le continent.
Dimanche 30 novembre déjà, lors de l’Angélus, le pape Jean Paul II avait demandé aux ravisseurs la libération de l’évêque. Déplorant cette violation des droits de l’homme, le pape avait apporté son soutien à ce “pasteur”, “homme d’Eglise qui aime et promeut la paix”. Le pape avait encore dénoncé toutes les séquestrations comme une > sociale. (apic/imed/pr)



