Rome: Appel du Conseil pontifical pour la famille en faveur des «droits de l’enfant»

La pédophilie est un délit contre l’humanité

Rome, 22 novembre 2000 (APIC) Le Conseil pontifical pour la famille demande aux autorités politiques de garantir les «droits de l’enfant» dans le cadre de sa famille, et non pas en tant qu’individu isolé. Il considère la pédophilie comme un authentique délit contre l’humanité, qui devrait par conséquent être pénalisé en tant que tel. Ces appels sont lancés dans un communiqué publié le 21 novembre par le Vatican, en conclusion du congrès théologico-pastoral sur «les enfants, printemps de famille et de la société», qui a eu lieu du 11 au 13 octobre dernier.

A l’issue de ce congrès, qui a vu la participation d’environ 5000 délégués du monde entier, le Conseil pontifical pour la famille présidé par le Cardinal Alfonso López Trujillo dénonce donc les lois qui nuisent à la famille fondée sur le mariage. Il montre du doigt les «politiques fiscales injustes», et les mesures manquant de réalisme en matière d’habitations. De telles mesures, affirme-t-il, s’opposent aux «droits des enfants».

Pour le Conseil pontifical pour la famille en effet, l’enfant n’est pas une «monade» isolée. C’est d’abord dans la famille que se forme «le capital humain», à savoir «la personne humaine éduquée au sens de la responsabilité et du travail bien fait». La société devrait donc reconnaître ce rôle de la famille à travers des aides économiques et des mesures fiscales favorables, notamment pour soutenir les familles pauvres et celles qui doivent accueillir des enfants handicapés. Un tel soutien permettrait de diminuer le nombre d’avortements, souligne le Conseil pontifical pour la famille, et pourrait également contribuer à éviter les abandons d’enfants dans les pays pauvres ou touchés par la guerre.

Droit à la vie de l’enfant à naître

Offenses contre la dignité des enfants

Le document exige par ailleurs des «mesures légales» servant à combattre les «très graves offenses à la dignité des enfants» comme les abus sexuels et la violence. «Ne s’agit-il pas d’authentiques délits contre l’humanité qui devraient par conséquent être reconnus et pénalisés en tant que tels, non seulement là où ils ont lieu mais aussi dans les pays d’où proviennent les auteurs de ces délits?», s’interroge le document du Vatican.

Le Conseil pontifical pour la famille déplore le «discrédit dramatique» qui pèse sur la maternité dans la société moderne. Il n’est pas normal que la femme ne soit considérée socialement que si elle exerce une profession rémunérée, affirme-t-il. Son rôle de mère devrait être reconnu en tant que tel, car en éduquant ses enfants, elle rend à la société «un service réel et efficace». Revendiquer cette reconnaissance, est l’expression, assure-t-il, d’un «authentique féminisme».

«La diffusion de la drogue, la promiscuité sexuelle et autres styles de vie contraires à l’Evangile, qui sont présentés aux enfants comme une libération, comme s’il s’agissait d’expressions de la modernité, sont en réalité un piège pour beaucoup», lit-on dans le communiqué final du congrès. «A tout cela il faut ajouter fréquemment une carence affective et éducative désolante de la part de beaucoup de parents. Nos enfants, qui ont besoin de tendresse et de sérénité, risquent d’aller satisfaire leur profond désir de bonheur en suivant des chemins mauvais et aliénants».

Le document analyse la crise de la famille qui touche particulièrement l’Occident, puis la situation de l’enfance dans les pays pauvres où les guerres et la misère sont à l’origine d’un «manque grave et irréversible dans l’éducation des enfants qui, sans la protection et la conduite de la famille, sont abandonnés et laissés à la merci des malfaiteurs». «Ils deviennent ainsi eux aussi des délinquants, voire même des criminels, alors que les filles finissent dans la rue et dans les milieux de la prostitution», risquant d’attraper le Sida ou d’autres maladies sexuellement transmissibles, estime le Conseil pontifical pour la famille. (apic/imed/zn/bb)

22 novembre 2000 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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