Un rapport fait d’ombres et de lumières

Rome: Appel du pape à la réconciliation entre religions samedi à l’issue d’un concert

Rome, 18 janvier 2004 (Apic) «Aujourd’hui, le besoin pressant d’une sincère réconciliation entre les croyants en l’unique Dieu se ressent». Telles sont les paroles prononcées par le pape à la fin du concert ’pour la réconciliation des juifs, chrétiens et musulmans’ à la salle Paul VI, samedi 17 janvier.

«L’histoire des rapports entre hébreux, chrétiens et musulmans est faite d’ombres et de lumières, et a malheureusement connu des moments douloureux», a-t-il expliqué dans son discours à la fin de l’heure de musique animée par le chef d’orchestre Gilbert Levine. «Ce soir, nous sommes réunis pour donner une expression concrète à cet engagement de réconciliation, le confiant au message universel de la musique», a-t-il continué d’une voix claire et posée.

«On nous y a rappelé l’avertissement ’Je suis le Dieu tout puissant : marche devant moi avec intégrité’ (Genèse 17,1). Chaque être humain sent résonner en lui ces paroles : il sait qu’un jour il devra rendre compte à Dieu qui d’en haut observe le chemin sur la Terre», a-t-il développé. Pour le pape, «le souhait» exprimé par les nombreux participants de toute confession au concert, «est que les hommes soient purifiés de la haine et du mal qui menacent continuellement la paix, et qu’ils sachent réciproquement se tendre une main ignorente de la violence et prête à offrir l’aide et le réconfort à ceux qui en ont besoin».

Jean Paul II a continué son discours en rappelant que pour les juifs, comme pour les chrétiens et les musulmans, «Dieu est bon» et qu’il est «source de vie» pour la personne humaine. Pour lui, «nourris de ces convictions», ces croyants «ne peuvent accepter que la Terre connaisse le fléau de la haine et que l’humanité se retrouve impliquée dans des guerres sans fin». Le pape a terminé son message par un appel à la paix. «Oui! Nous devons trouver en nous le courage de la paix. Nous devons implorer au Très- Haut le don de la paix», s’est-il exclamé. «Et cette paix se répandra comme l’huile qui guérit si nous suivons sans cesse le chemin de la réconciliation», a-t-il conclu.

Un pape orienté vers la réconciliation des fils d’Abraham

La cardinal Walter Kasper, président du Conseil pontifical pour l’unité des chrétiens, l’un des organisateurs du spectacle, s’était auparavant adressé au pape, «au nom de toutes les personnes présentes», pour ” le saluer particulièrement», lui qui «durant ses vingt-cinq ans de pontificat a tant oeuvré pour la réconciliation des fils d’Abraham». «Je rappelle seulement certaines ’stations’ de sa longue route: sa visite à la synagogue de Rome et la prière devant le mur des Lamentations à Jérusalem; sa visite à l’université Al Azhar au Caire et à la mosquée des Ommeyyades à Damas», avait poursuivi le cardinal. «Merci Sainteté pour votre courageux exemple devant le mépris, la haine et la violence; merci pour votre message qui exhorte au respect réciproque entre tous les hommes et toutes les religions; merci pour votre contribution à la paix dans le monde», avait-t- il insisté.

Le concert rassemblait des représentants de toutes les confessions, parmi lesquels figuraient les membres des Conseils pontificaux pour le dialogue interreligieux et pour l’unité des chrétiens, et des commissions pour les rapports religieux avec le judaïsme et avec les musulmans, à l’origine de l’évènement. La salle Paul VI était pleine de spectateurs, réunis autour du pape qu’ils ont applaudi à de nombreuses reprises. Dirigé par le chef d’orchestre Gilbert Levine, le concert était animé par l’Orchestre symphonique de Pittsburgh et les choeurs d’Ankara, de Cracovie, de Londres et de Pittsburgh, que Jean Paul II a chaleureusement salués et remerciés. (apic/imedia/bb)

18 janvier 2004 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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