Une grave violation du droit des catholiques
Rome: Appel du pape pour que Mgr Kataliko puisse rentrer dans son diocèse
Rome, 16 février 2000 (APIC) Le pape Jean Paul II a lancé mercredi lors de l’audience générale un appel afin que Mgr Emmanuel Kataliko, évêque de Bukavu, en République Démocratique du Congo, puisse rentrer dans son diocèse. L’évêque est actuellement réfugié dans sa ville natale de Butembo depuis que les autorités locales lui ont interdit, le 12 février dernier, l’accès de Bukavu.
Le fait d’empêcher un évêque de rentrer dans son diocèse, «est une violation grave qui inflige une blessure douloureuse à tous les catholiques!» a souligné le pape devant les milliers de pèlerins réunis sur la place Saint-Pierre pour l’audience hebdomadaire. Jean Paul II a renouvelé sa «solidarité pour le clergé et les fidèles de Bukavu» en souhaitant que le prélat «puisse rentrer sans délai» chez lui.
«Je lance également de tout coeur un appel pour que les accords de paix de Lusaka soient appliqués immédiatement» a ajouté le pape, invoquant l’aide Dieu pour l’unité et la réconciliation dans le pays.
Le Saint-Siège a annoncé officiellement le 14 février qu’il utiliserait la voie diplomatique pour que Mgr Kataliko puisse rejoindre son diocèse le plus rapidement possible, définissant la situation comme un «épisode fâcheux, qui lèse gravement les droits de l’Eglise». Mgr Kataliko avait été déclaré `persona non grata’ par les autorités de la région contrôlée par les rebelles du Rassemblement pour le Congo démocratique (RCD), en particulier, suite à sa lettre pastorale de Noël dernier dans laquelle il dénonçait les violations infligées aux Congolais par les rebelles anti-Kabila soutenus par l’armée rwandaise, dans l’est du pays.
Un prêtre et deux laïcs assassinés
L’agence missionnaire Fides à Rome, indique par ailleurs qu’un jeune prêtre, Remis Pepe âgé de 30 ans, et deux laïcs auraient été assassinés dans la région de Bukavu dans la soiréée du 15 février, lors d’une attaque contre la paroisse de Kiliba qui aurait été incendiée par des rebelles. Les deux autres prêtres de la paroisse seraient saufs.
Selon la même source, les conditions de vie de Mgr Kataliko réfugié à l’évêché de Butembo sont «bonnes». Un émissaire de l’archevêché de Bukavu, Mgr Mitima, aurait été convoqué par les autorités locales, sans cependant arriver à un accord sur le sort de l’archevêque de Bukavu. Selon Fides, la violence contre des personnes d’Eglise dans l’est du pays est due au fait que «les rebelles perdent du terrain, car ils ne réussissent pas à obtenir le soutien de l’Eglise et cherchent donc des boucs émissaires». (apic/imed/mp)



