La force de la loi et non pas de la loi de la force

Rome: Appel du Saint-Siège à la communauté internationale

Rome, 2 avril 2003 (Apic) Le Saint-Siège a appelé la communauté internationale à reprendre «les instruments du droit international», au moment où celui-ci est bafoué, avec la guerre en Irak, voulue par Washington et Londres. Le Saint-Siège, par la voix de son ambassadeurs à l’ONU, demande de faire valoir la force de la loi et non la loi de la force.

L’ambassadeur du Vatican à l’ONU, Mgr Celestino Migliore, est intervenu le 1er avril à l’occasion de la session annuelle de la Commission des Nations Unies sur le désarmement, appelant notamment à «des mesures concrètes de désarmement» ainsi qu’à une «négociation multilatérale».

«Les vieilles politiques de la dissuasion nucléaire, qui ont régné pendant la Guerre Froide, doivent mener maintenant à des mesures concrètes de désarmement, basées sur le dialogue et la négociation multilatérale», a déclaré Mgr Celestino Migliore.

S’exprimant au nom du Saint-Siège, le prélat italien a tenu à souligner qu’avec l’aide des «instruments du droit international», ces politiques peuvent «faciliter la résolution pacifique des conflits, favoriser une meilleure compréhension mutuelle et stimuler un climat de confiance, de coopération et de respect entre tous les Etats». C’est seulement par ce moyen, a-t-il précisé, que la paix pourra être «efficacement» affirmée.

Sans citer le guerre irakien en particulier, l’observateur permanent du Saint-Siège aux Nations Unies a toutefois précisé que «ces mots semblent aujourd’hui plus significatifs dans un monde qui entend à nouveau le grondement des armes».

Mgr Migliore a en outre démonté la position selon laquelle, «face à des menaces diffuses, la force est plus efficace et directe». Cette «perspective», a-t-il expliqué, «semble réduire la coopération internationale sur le désarmement plutôt que de la mettre en valeur». Cela «induit», selon le prélat, «des répercussions négatives sur les relations multilatérales».

Faire face aux nouveaux défis

Un message clair en faveur de la force de la loi et non pas de la loi de la force devrait émerger de cette session, a poursuivi l’ambassadeur du Saint- Siège à l’ONU. Se disant satisfait des «avancées» faites ces dernières décennies dans le domaine du désarmement nucléaire, il a cependant insisté pour que «le système de limitation des armements» soit «renforcé» face aux nouveaux défis et aux nouvelles menaces.

En conclusion, Mgr Celestino Migliore a fait allusion aux manifestations qui se sont déroulées ces derniers jours dans le monde entier contre la guerre en Irak. «La mobilisation extraordinaire des hommes et des femmes que nous voyons désormais presque partout, indique que la cause de la paix accomplit de grands progrès dans la conscience de l’humanité», a-t-il estimé. «Le moment est venu pour chacun de nous, averti de la gravité de la situation actuelle, d’être animé par un sens profond de la responsabilité vis-à-vis du procédé de désarmement». (apic/imedia/pr)

2 avril 2003 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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