20 millions de réfugiés recensés dans le monde
Rome: Appel du Saint-Siège à une plus grande protection des réfugiés
Rome, 23 octobre 2001 (APIC) Le manque de protection des quelque 20 millions de réfugiés présents dans le monde est de plus en plus évident, a regretté Mgr Diarmuid Martin aux Nations Unies à Genève, le 2 octobre 2001. Dans un discours prononcé lors de la 52ème session du Comité exécutif du Haut commissariat des Nations Unies pour les réfugiés UNHCR -, le prélat a rappelé que l’exclusion et la discrimination raciale sont les principaux facteurs des «déplacements forcés».
Publié le 23 octobre 2001 par le Vatican, le discours de Mgr Martin fait particulièrement allusion à la situation des Afghans qui fuient leur pays suite aux bombardements américains. «L’augmentation des conflits internes a conduit à l’accroissement du nombre de réfugiés, qui arrivent aujourd’hui à près de 20 millions dans le monde», a-t-il déclaré. L’observateur du Saint-Siège à l’ONU a toutefois déploré «l’absence de plus en plus évidente d’une protection internationale efficace pour ces populations».
Lançant alors un appel aux gouvernements pour la création «d’un véritable système de protection», le prélat a insisté pour que les engagements déjà pris par les Nations Unies en 1998 dans le «guide des principes concernant les populations en déplacement», soient revus pour répondre à une nouvelle situation internationale. «Comme la nature des conflits présents dans le monde actuel ont changé, la nature d’une réponse internationale doit également changer», a-t-il expliqué demandant des solutions «adéquates». Pour Mgr Martin, il s’agit en particulier de «consolider, de sauvegarder et de renforcer» l’application du droit d’asile.
L’exclusion, caractéristique d’un monde global
«L’exclusion, dans toutes ses formes, est toujours une caractéristique dramatique d’un monde qui aime à se considérer global !», a ensuite lancé l’observateur permanent à l’ONU, affirmant que celle-ci est à la «racine de certains déplacements forcés». Il a alors demandé la mise en place de programmes pouvant assurer la sécurité des personnes, notamment à travers le soulagement des dettes, la création d’infrastructures permettant aux gens de rester dans leur propre pays et une plus grande attention à la prévention des conflits.
Pour Mgr Diarmuid Martin, la discrimination raciale est un autre des facteurs du déplacement de réfugiés. Faisant allusion à la Conférence contre le racisme, qui s’était déroulée à Durban en Afrique du Sud du 31 août au 7 septembre 2001, il a insisté sur la nécessité, pour les pays d’accueil, de prendre des mesures particulières dans la protection des réfugiés, notamment des femmes «plus particulièrement exposées aux formes de violence».
Concluant son discours en réaffirmant le «concept fondamental» de la famille humaine, Mgr Martin a déclaré «qu’il ne peut pas y avoir de place pour des théories de supériorité des races».
Cette session de l’ONU se déroulait à l’occasion du 50ème anniversaire de la convention de Genève sur le statut des réfugiés. Jean Paul II était déjà intervenu à cette occasion, le 29 juillet dernier, souhaitant que «le droit d’asile ne soit jamais refusé aux réfugiés qui le demandent». (apic/imed/mk)



