Lu, le discours du pape a été ovationné dans le grand amphi

Rome : Après l’annulation de la visite du pape à La Sapienza

Rome, 17 janvier 2008 (Apic) Le discours que Benoît XVI aurait dû adresser aux professeurs et aux étudiants de l’Université romaine de La Sapienza, le 17 janvier 2008, a été ovationné par ces derniers. En effet, publié dans l’Osservatore Romano, il a été lu dans le grand amphithéâtre

Si le pape a annulé cette visite controversée à l’Université romaine de La Sapienza le 15 janvier, son discours a été publié par L’Osservatore Romano et ensuite lu dans le grand amphithéâtre de la plus prestigieuse des universités romaines, La Sapienza (le savoir) La cérémonie prévue à l’Université de La Sapienza s’est déroulée presque comme prévu. Après les interventions du maire de la capitale italienne, Walter Veltroni, puis du ministre de l’enseignement supérieur et de la recherche, Fabio Mussi, le discours préparé par le souverain pontife a été lu par un responsable de l’Université devant un amphithéâtre comble. L’auditoire s’est ensuite levé et a longuement applaudi les propos du pape publiés la veille par le Vatican et largement repris par la presse de la péninsule.

La cérémonie à laquelle aurait dû participer le pape s’est tenue sous haute surveillance policière mais sans aucun incident majeur. La pluie qui s’abattait sur Rome a fait que les alentours de l’université étaient déserts, à part la présence de quelques étudiants qui manifestaient. La police a bloqué une centaine d’entre eux qui voulaient entrer dans la faculté, dont l’entrée n’était autorisée qu’aux invités et étudiants munis de leur carte universitaire.

Le maire de Rome a réitéré ses propos : « inacceptable »

Le maire de Rome et chef du principal parti de centre-gauche italien, Walter Veltroni, a jugé «inacceptable pour un démocrate» l’annulation de la visite pontificale, à la suite des protestations d’un groupe de 200 enseignants et d’étudiants, dont le chef de file, Marcello Cini, est un professeur en retraite, sur les 150 000 élèves et les 5000 professeurs qui travaillent à l’université de La Sapienza.

L’annulation de la visite du pape n’a «pas renforcé le principe de laïcité : la laïcité est le refus de l’intolérance», a encore expliqué le maire de Rome. «Le fait que le pape puisse prendre la parole dans cette université n’est pas une remise en question de la laïcité», a renchéri le ministre Fabio Mussi. Quant au représentant des étudiants, Gianluca Senatore, il a accusé «une campagne de désinformation menée par certains organes de presse».

Au Vatican, un cardinal de la curie romaine a confié à l’agence I.MEDIA partenaire de l’Apic à Rome, son étonnement devant la tournure des évènements. «C’est un comble que le pape puisse faire le tour du monde et ne puisse pas visiter une université de Rome», a-t-il ainsi affirmé.

Dans le discours qu’il aurait dû prononcer à l’université de La Sapienza, Benoît XVI a justifié son droit à la parole et la place du discours de l’Eglise dans le débat intellectuel. «Le pape parle comme représentant d’une communauté de croyants, dans laquelle une sagesse de la vie a mûri durant des siècles. Il parle comme le représentant d’une communauté qui garde un trésor de connaissance et d’expérience éthiques, qui est importante pour l’humanité tout entière : en ce sens il parle comme le représentant d’une raison éthique», a-t-il ainsi écrit.

Face à une raison et à une rationalité «qui nient l’histoire», «la sagesse des grandes traditions religieuses est à valoriser comme une réalité qu’on ne peut pas jeter impunément dans la poubelle de l’histoire des idées», a encore insisté le pape.

«Si la raison devient sourde au grand message qui vient de la sphère chrétienne et de sa sagesse, elle est déracinée comme un arbre, dont les racines ne plongent plus dans les eaux qui lui donnent la vie», a conclu Benoît XVI. De toute évidence, le texte publié par le Saint-Siège et lu à La Sapienza a été modifié afin que le pape réponde directement à la fronde universitaire qui s’était opposée à sa visite. (apic/imedia/hy/vb)

17 janvier 2008 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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