Le directeur du dispensaire somalien décrit la situation
Rome: Après la collecte pour Baidoa de la messe de Benoît XVI Jeudi Saint
Mogadiscio, 5 avril 2007 (Apic) Après que Benoît XVI ait décidé de destiner au dispensaire médical de Caritas-Somalie à Baidoa la collecte de la messe «in Coena Domini» du Jeudi saint à Rome, le directeur du dispensaire s’est confié à l’agence catholique MISNA.
La collecte de la messe célébrée Jeudi Saint par Benoît XVI en la cathédrale romaine de Saint Jean du Latran est destinée au dispensaire de Caritas à Baidoa. «C’est un geste important que nous vivons comme une reconnaissance des souffrances des Somaliens et des nombreuses personnes, chrétiennes ou pas, qui ont donné leur vie pour la paix et le dialogue», a déclaré Davide Bernocchi, directeur de dispensaire de Baidoa, contacté sur place. En effet, alors qu’à Mogadiscio prévaut la logique de la violence et que la communauté internationale semble s’en accommoder, pense-t-il, en attendant passivement les développements politiques, le dispensaire représente un exemple d’engagement quotidien.
Chaque jour 120 personnes font entre 20 et 60 km à pied pour rejoindre le dispensaire
Chaque jour, 120 personnes en moyenne se rendent à la structure médicale de Caritas: «La majorité d’entre elles proviennent des campagnes, où elles vivent dans des cabanes de boue sans avoir accès à l’eau potable. Ces personnes arrivent au dispensaire en ayant souvent parcouru entre 20 et 60 kilomètres à pied, en portant leurs enfants sur le dos», poursuit Davide Bernocchi, ce qui engendre des complications médicales en plus de la malnutrition chronique des enfants et des adultes.
En racontant les activités du dispensaire, son directeur ajoute que la structure a pu naître en mai 2006 grâce à la collaboration de l’hôpital ’Sos Kinderdorf’ de Mogadiscio, géré par les soeurs missionnaires de la Consolata, dont faisait partie soeur Leonella Sgorbati, tuée le 17 septembre dernier par des inconnus alors qu’elle se rendait à l’hôpital où elle travaillait. «C’est grâce à l’activité des soeurs, qui font désormais partie de l’histoire de Mogadiscio, que d’autres organisations ont pu avancer sur le chemin initié», souligne le directeur.
Les 15 membres du personnel sont tous des médecins et des infirmiers somaliens provenant de l’hôpital ’Sos’, où ils ont été formés. Quand le dispensaire de Caritas a ouvert ses portes à Baidoa, 250 km au nord-ouest de Mogadiscio, il n’y avait aucun médecin: «L’idée initiale était celle d’offrir une solution d’urgence tandis que les autorités locales remettaient sur pied l’hôpital de Baidoa, mais la détérioration de la situation y a mis un frein», raconte encore le directeur du dispensaire.
Un rapport «magnifique» avec la population et des imams rassurés
Il rappelle qu’en décembre, les combats entre les troupes gouvernementales et leurs alliés contre les Tribunaux islamiques se sont déroulés à quelques kilomètres seulement de la ville. «Aujourd’hui nous sommes bien intégrés dans la communauté locale, nous avons une excellente réputation et un rapport magnifique avec la population qui est, bien entendu, de religion musulmane», continue Davide Bernocchi, ajoutant avoir été mis au courant que «dans certaines mosquées les Imams sont rassurés sur le fait que la structure n’a pas pour finalité le prosélytisme. En ce qui concerne la collecte de la messe du Jeudi Saint à Rome, les fonds récoltés devraient permettre de payer le voyage et l’hospitalisation au Kenya de plusieurs malades ne pouvant pas être soignés à Baidoa, dont un jeune garçon qui est en train de devenir aveugle. (apic/misna/vb)



