Offres spontanées du pape au terme de deux audiences
Rome: Au moins deux personnes auraient été exorcisées par le pape Jean Paul II
Rome, 30 septembre 2003 (Apic) Au cours de ses 25 ans de pontificat, Jean Paul II aurait eu recours à l’exorcisme au moins à deux reprises. A chaque fois au terme d’une audience et par une offre spontanée du pape. C’est ce que révèle le célèbre exorciste italien Gabriele Amorth, dans un entretien à L’hebdomadaire de Padre Pio, paru le 30 septembre.
Le premier épisode remonte au 4 avril 1982, et a été raconté seulement quelques années plus tard par le cardinal français Jacques Martin. L’évêque de Spoleto, Mgr Alberti, était venu participer à l’audience du pape avec une femme possédée qui se roulait par terre en hurlant. Après la cérémonie, Jean Paul II a rencontré cette dernière, s’est mis à prier, prononçant des prières d’exorcisme, sans que rien ne se passe. Ce n’est qu’au moment de prendre congé, lorsqu’il dit «Demain, je prierai pour vous à la messe», que la femme guérit.
Le second, plus récent, s’est déroulé durant le jubilé de l’an 2000, dans les mêmes circonstances. Au cours d’une audience générale, une jeune fille qui était placée au premier rang s’est mise à hurler comme une forcenée. Alors que les membres de la sécurité l’emmenaient plus loin pour que l’audience puisse se dérouler dans l’ordre, le souverain pontife a demandé à ses collaborateurs de pouvoir la rencontrer après la cérémonie. Se retrouvant dans une petite pièce proche de la place Saint-Pierre, en présence des parents de la possédée, le pape a alors prié sur elle pendant une demi-heure, jusqu’à la «libération totale» de la jeune fille.
Le souverain pontife, comme tout évêque, a le pouvoir de prononcer des exorcismes. Autrement, «personne ne peut légitimement prononcer des exorcismes sur les possédés, à moins d’avoir obtenu de l’Ordinaire du lieu une permission particulière et expresse», affirme le Code de droit canon.
Invitation implicite à reprendre la pratique de l’exorcisme
Le 3 juin 1998, au cours de sa catéchèse, Jean Paul II avait abordé en public le thème de «l’activité d’exorciste» du Christ luttant contre le diable dès le début de sa vie publique. Le père Amorth avait alors commenté les paroles du pape comme «un avertissement implicite pour le clergé» à reprendre ces pratiques. «Depuis trois siècles, avait-il en effet expliqué, les exorcismes ont été quasiment abandonnés dans l’Eglise. Et de fait, nous avons des prêtres et des évêques qui ne les ont jamais étudiés et même qui n’y croient pas». Avant l’introduction des exorcismes officiels dans l’Eglise latine au IVe siècle le pouvoir de chasser les démons était exercé par tous les chrétiens.
Le 26 janvier 1999, le Saint-Siège avait publié un document intitulé De Exorcismis et supplicationibus quibusdam, instaurant un nouveau rite liturgique très précis concernant les prières d’exorcisme. Cette pratique, régie par le Rituel romain de 1614, avait été révisée dans son ensemble à l’occasion du Concile Vatican II. Le cardinal Jorge Arturo Medina Estevez, alors préfet de la Congrégation pour le culte divin et la discipline des sacrements, avait souligné la «continuité» entre les différentes versions. Cette dernière est «plus sobre», avait-il expliqué, dans le sens ou les prières utilisées ne sont plus faites «de dédain ou d’injure au démon» mais reconnaissent le diable «dans sa raison d’être substantielle, c’est-à-dire le mal, comme ennemi de Dieu». (apic/imedia/bb)



