Enroué, le pape n’a pas lu son discours
Rome: Audience générale: catéchèse oecuménique sur Marie
Rome, 12 novembre 1997 (APIC) «La voix me manque, je laisse la lecture de la catéchèse à mes collaborateurs», a annoncé le pape aux pèlerins présents à l’audience du mercredi, qui se déroulait dans la Salle Paul VI. Une catéchèse très oecuménique sur Marie, «Mère de l’unité et de l’espérance».
D’être enroué n’a pas empêché le pape de saluer à la fin de l’audience les différents groupes en français, puis en anglais, en allemand, en espagnol et en portugais: Il a aussi salué les groupes formés de Lituaniens, de Tchèques, de Slovènes, de Polonais et d’Italiens.
La catéchèse du pape a fait le point de la place de Marie dans les confessions chrétiennes non-catholiques. Le pape a d’abord présenté Marie comme un exemple de sainteté. «Des chrétiens non catholiques, a-t-il dit, ont découvert la pensée de l’Eglise sur le rôle particulier de la Vierge dans l’histoire du salut et l’exemple de vertu et de sainteté qu’elle donne à tous les disciples du Seigneur».
Les écrits de Luther sur la Vierge Marie
Le pape a évoqué d’emblée les écrits de Luther, à qui l’on doit en particulier un commentaire du Magnificat, et dont les écrits «ont contribué à créer une attention renouvelée des protestants et des anglicans sur différents thèmes de la doctrine mariale». Si cette doctrine qui a été source de divisions dans l’Eglise un tel progrès revient à une reconnaissance de la maternité universelle de Marie et est donc un gage d’espérance. «Aussi l’Eglise se réjouit-elle que des non-catholiques honorent Marie, manifestant ainsi sa maternité universelle. Cela ne peut que nous rapprocher et mettre un terme aux divisions qui occasionnent tant de souffrances».
Du côté des Orientaux, la situation est autre, et le Concile Vatican II l’a rappelé: «Parmi nos frères séparés, il n’en manque pas qui rendent à la Mère du Sauveur l’honneur qui lui est dû». Et d’insister sur ce qui unit catholiques et orthodoxes, citant implicitement le Concile d’Ephèse (431) qui reconnut à Marie le titre de «théotokos» (Mère de Dieu): «Les Orientaux ont développé le culte envers Marie, qui est un élément significatif pour la communion entre les catholiques et les orthodoxes. Bien que certaines divergences demeurent, il convient de ne pas oublier notre foi commune en la maternité divine de Marie, en sa virginité perpétuelle, en sa sainteté et en sa maternelle intercession auprès de son Fils.»
Le pape cependant n’a pas manqué de citer, même à propos des divergences sur les dogmes de l’Immaculée Conception et de l’Assomption, les grands auteurs orthodoxes qui les ont illustrés, comme Grégoire Palamas (+ 1359), Nicolas Cabasilas (+ après 1396) et Georges Scholarios (+ après 1472).
Rappelant que saint Augustin appelé Marie «Mère de l’unité», le pape a conclu: «C’est donc naturellement à Marie que nous confions l’unité des chrétiens pour que, par sa prière, comme elle a soutenu l’Eglise naissante, elle continue d’intercéder pour que tous les hommes soient rassemblés dans la paix et la concorde d’un seul peuple, à la gloire de Dieu.» (apic/cip/imed/ba)



