Rome, Bari: Le pape à la messe de clôture du Congrès eucharistique
Benoît XVI fait référence à «un monde de consommation effrénée»
Rome, Bari, 29 mai 2005 (Apic) Benoît XVI a célébré la messe de clôture du 24e Congrès eucharistique national italien à Bari, dans les Pouilles, en Italie. Le souverain pontife a été accueilli par quelque 150’000 personnes, selon les organisateurs.
Pour ce premier voyage apostolique du pape, qui est resté 3 heures sur place à Bari, avant de rejoindre le Vatican en hélicoptère, il a rappelé sa volonté de s’engager avec énergie à la reconstruction de l’unité des chrétiens. Dans son homélie, Benoît XVI a aussi évoqué l’importance du dimanche, rappelant le thème du Congrès (21-29 mai), ’Sans le dimanche nous ne pouvons pas vivre’. Avant de donner sa bénédiction finale, le souverain pontife a récité la prière de l’Angélus.
«L’Eucharistie, je le répète, est sacrement de l’unité», a déclaré Benoît XVI au cours de son homélie. «Pourtant, les chrétiens sont divisés, particulièrement dans le sacrement de l’unité». «A Bari, particulièrement, ville qui conserve les reliques de saint Nicolas, terre de rencontre avec les frères chrétiens de l’Orient, je voudrais rappeler ma volonté d’assumer comme engagement fondamental celui de travailler avec énergie à la reconstruction de la pleine et visible unité de tous ceux qui suivent le Christ», a alors lancé le souverain pontife sous de forts applaudissements.
«Je suis conscient que pour cela, les manifestations de bons sentiments ne suffisent pas», a continué le pape Benoît XVI. «Il faut des gestes concrets qui entrent dans les âmes et remuent les consciences, sollicitant chacun à cette conversion intérieure qui mène au chemin de l’oecuménisme».
Le souverain pontife a aussi invité les fidèles présents à «redécouvrir la joie du dimanche chrétien». «D’un point de vue spirituel, le monde dans lequel nous nous trouvons, particulièrement marqué par la consommation effrénée, l’indifférence religieuse, un sécularisme fermé à la transcendance, peut apparaître comme un désert».
Benoît XVI a alors souligné l’importance de «participer à la célébration dominicale et de se nourrir du pain eucharistique». «C’est un besoin pour le chrétien, dans lequel il peut ainsi trouver l’énergie nécessaire pour le chemin à parcourir». «Nous avons besoin de ce pain pour affronter les fatigues et les peines du voyage», a-t-il aussi ajouté.
Le pain eucharistique est le même partout
«Le Christ que nous rencontrons dans le sacrement est le même ici à Bari qu’à Rome, le même en Europe qu’en Amérique, en Afrique, en Asie, en Océanie», a enfin soutenu le souverain pontife. «C’est l’unique et même Christ qui est présent dans le pain eucharistique dans chaque lieu de la terre», a-t-il affirmé sous les applaudissements, ajoutant que «nous pouvons le recevoir seulement dans l’unité». «La conséquence est claire : nous ne pouvons pas communiquer avec le seigneur si nous ne communiquons entre nous».
Comme prévu, le pape est arrivé en hélicoptère à 9h30 à Bari, accueilli par les autorités civiles. Benoît XVI est ensuite monté dans sa papamobile aux vitres baissées. Assis dans sa voiture, le souverain pontife est passé dans les ’quartiers’ délimités de l’esplanade de Marisabella, lieu de la célébration, en bord de mer, pour saluer la foule. Un important dispositif de sécurité a été mis en place. Dès le début de la matinée, des hélicoptères de l’armée n’ont cessé de sillonner le ciel. Sur le bord de mer, on pouvait apercevoir le ’saint Juste’, PC de sécurité, un immense navire de guerre de la marine italienne.
Benoît XVI a rejoint le podium sous les applaudissements d’une foule colorée, alors qu’ont retenti les chants du choeur diocésain et la musique de l’orchestre du conservatoire de Bari. A 10h, la messe a commencé sous un soleil de plomb et une chaleur accablante. Les prêtres, vêtus d’une aube blanche, jaune et orange, aux couleurs du Congrès eucharistique, ont pris place derrière le pape sur l’immense podium élevé sur le front de mer. Pour la première fois hors de Rome et en Italie, des gardes suisses étaient présents en uniforme. Ce sera désormais le cas pour tous les voyages du pape.
Accueillant ensuite le souverain pontife, l’archevêque de Bari-Bitonto, Mgr Francesco Cacucci lui a rappelé, reprenant ses paroles prononcées le jour de l’inauguration de son pontificat, combien «l’Eglise est vivante». «Heureuse est Bari», a-t-il ajouté, remerciant le souverain pontife de sa venue.
Au cours de la messe, l’évangile a aussi été lue en italien et chantée en langue grecque par un prêtre orthodoxe présent à la célébration. Assis sur un trône portant ses armes, Benoît XVI a ensuite lu son homélie entrecoupée à plusieurs reprises par des applaudissements. Il a aussi reçu les offrandes des mains de laïcs, échangeant quelques paroles avec chacun, notamment avec une famille et ses trois enfants.
Les remerciements du pape
Un peu avant 12h et avant de donner sa bénédiction finale, le pape a récité la traditionnelle prière de l’Angélus. «Je suis heureux de vous dire que votre fervente participation m’a beaucoup touché», a-t-il déclaré. Il a aussi remercié ceux qui ont travaillé à la «réalisation d’un événement ecclésial aussi extraordinaire, particulièrement significatif parce qu’il se déroule dans le contexte de l’année de l’Eucharistie». L’année de l’Eucharistie, lancée par Jean Paul II, a commencée avec la clôture du Sommet de Guadalajara le 17 octobre 2004 et prendra fin lors du Synode des évêques en octobre 2005.
La messe a pris fin à 12h, après deux heures de cérémonie. Benoît XVI, souriant, a longuement salué et béni la foule, laquelle agitait drapeaux et banderoles. «Benedetto», a crié la foule sur le passage du pape. Le souverain pontife s’est arrêté pour saluer le comité d’organisation, dont quelque 5 cardinaux et plusieurs évêques. Le pape devrait s’envoler vers 12h30 de l’héliport aménagé pour l’occasion à côté de l’esplanade de Marisabella. Benoît XVI doit atterrir au Vatican à 14h30.
Le Congrès eucharistique national de Bari (21-29 mai 2005) a accueilli quelque 65’000 personnes au cours de cette semaine, dont une majorité de religieux. Le congrès, célébré deux fois sur une période de dix ans, a regroupé cette année les 226 diocèses et 25’000 paroisses italiennes. Le dernier congrès eucharistique italien a eu lieu en 1997 à Bologne. les 27 et 28 septembre. Le pape Jean-Paul II y assistait , pour sa clôture (apic/imedia/ms/vb)



