Irak, Afrique, Proche-Orient et terrorisme: le pape préoccupé
Rome: Bénédiction ’Urbi et Orbi’ de Benoît XVI
Rome, 9 avril 2007 (Apic) Benoît XVI a émis de vives préoccupations pour la situation en Irak, en Afrique et au Proche-Orient, dans son message pascal qu’il a prononcé le 8 avril, à midi, depuis la loggia centrale de la basilique Saint-Pierre, avant de donner sa bénédiction ’Urbi et Orbi’ (à la ville et au monde). Dressant un panorama de la situation internationale, le pape a une nouvelle fois condamné le terrorisme.
S’exprimant sur la situation au Proche-Orient, Benoît XVI a regretté qu’à côté des «signes d’espérance dans le dialogue entre Israël et l’Autorité palestinienne, rien de positif» ne vienne de l’Irak, «ensanglanté par des massacres continuels, tandis que les populations civiles s’enfuient».
Au Liban, le pape a déploré que «la fragilisation des institutions politiques menace le rôle que le pays est appelé à jouer au Proche-Orient et hypothèque gravement l’avenir». Benoît XVI a aussi souhaité assurer les populations de Terre Sainte de sa «proximité spirituelle», affirmant ne pas pouvoir «oublier les difficultés que les communautés chrétiennes affrontent quotidiennement et l’exode qui s’ensuit dans la Terre bénie qui est le berceau de notre foi».
Le souverain pontife a aussi regretté les «calamités naturelles et les tragédies humaines qui provoquent d’innombrables victimes et des dommages matériels considérables». «Je pense à ce qui est advenu récemment à Madagascar, aux Iles Salomon, en Amérique Latine et dans d’autres régions du monde», a-t-il affirmé.
Message retransmis par 108 télévisions dans 67 pays
Le pape a également condamné le «fléau de la faim, les maladies incurables, le terrorisme et les séquestrations de personnes», mais aussi les «mille visages de la violence parfois justifiée au nom de la religion», le «mépris de la vie, la violation des droits humains ainsi que l’exploitation de l’être humain». Dans ce message retransmis par 108 télévisions dans 67 pays, Benoît XVI a aussi exprimé son «appréhension» face aux «conditions dans lesquelles se trouvent de nombreuses régions de l’Afrique».
Ainsi, «au Darfour et dans les pays voisins perdure une situation humanitaire catastrophique et malheureusement sous-évaluée». Benoît XVI a aussi regretté qu’à Kinshasa, en République Démocratique du Congo, «les affrontements et les pillages des dernières semaines» fassent «craindre pour l’avenir du processus démocratique congolais et pour la reconstruction du pays». En Somalie, «la reprise des combats éloigne la perspective de la paix et accroît la crise régionale, spécialement en ce qui concerne les déplacements de population et le trafic d’armes», a aussi déploré le pape. Il s’est enfin désolé devant la «grave crise» qui secoue le Zimbabwe, «face à laquelle les évêques du pays, dans un document récent, ont indiqué que la prière et le souci partagé du bien commun étaient l’unique voie de dépassement».
Pour la fin du conflit au Sri Lanka
Benoît XVI a par ailleurs affirmé sa préoccupation pour la population du Timor oriental, «qui s’apprête à vivre d’importantes échéances électorales» et qui a «besoin de paix et de réconciliation». Le pape a également appelé à la paix au Sri Lanka, «où seule une solution négociée mettra fin au conflit dramatique qui l’ensanglante», comme en Afghanistan, pays «marqué par une tension et une instabilité croissantes».
Au début de son message, Benoît XVI était revenu sur le récit de la Résurrection, insistant sur «l’émouvante profession de foi» de l’apôtre Thomas, incrédule à l’annonce de cette résurrection. «Mon Seigneur et mon Dieu !» (Jn 20,27-28), s’écrit-il devant le Christ ressuscité. «Cette année, comme voeux de Pâques, j’ai voulu justement choisir ses paroles, parce que l’humanité présente attend des chrétiens un témoignage renouvelé de la résurrection du Christ ; elle a besoin de le rencontrer et de pouvoir le connaître comme vrai Dieu et vrai Homme», a-t-il expliqué.
Après avoir prononcé son message pascal, le pape a souhaité de «bonnes fêtes de Pâques» en 62 langues, dont l’araméen, l’hébreux, le turc, l’irlandais, l’éthiopien-érythréen, le coréen, le birman et le swahili.
Chant pascal exécuté par un choeur de liturgie byzantine
Auparavant, Benoît XVI avait présidé la messe de Pâques, à 10h30 (heure de Rome), sur le parvis de la basilique Saint-Pierre, devant des milliers de fidèles. Pour l’occasion, une nouvelle icône de type médiéval, représentant le Christ ressuscité, avait été placée pour l’occasion à côté de l’autel papal. Cette année, catholiques et orthodoxes célèbrent exceptionnellement la fête de Pâques le même jour. Ainsi, au cours de la messe, après la lecture de l’Evangile, un choeur liturgique byzantin a entonné un chant pascal, comme cela se faisait avant le schisme entre les deux Eglises.
La place Saint-Pierre était fleurie de tulipes, azalées et rhododendrons. Les couleurs du Vatican, le blanc et le jaune, dominaient dans la composition. Depuis 1985, c’est une coopérative d’horticulteurs hollandais qui prépare cet hommage au pape, dès le mois de septembre.
Benoît XVI a quitté le Vatican dans la soirée pour rejoindre sa résidence de Castel Gandolfo, dans le sud de Rome, où il résidera jusqu’au 14 avril. Le lundi 9 avril, il y prononcera la prière du Regina Caeli. Il fera l’aller-retour au Vatican le 11 avril, pour l’audience générale. Le 15 avril, de retour au Vatican, le pape célèbrera une messe dans la basilique Saint-Pierre à l’occasion de ses 80 ans. (apic/imedia/ms/bb)



