Rome: Benoît XVI a présidé le chemin de croix du vendredi saint

La «via crucis» n’est pas une chose du passé

Rome, 17 avril 2006 (Apic) La Via Crucis n’est pas «une chose du passé», mais traverse «les temps et les continents», a déclaré Benoît XVI, dans la soirée du 14 avril 2006. Le pape, qui présidait le traditionnel chemin de croix du vendredi saint au Colisée, a improvisé un discours dans lequel il a dénoncé la souffrance des enfants «abandonnés et abusés», les menaces «contre la famille» ainsi que les divisions entre riches et pauvres dans le monde contemporain.

Le pape avait introduit son discours en rappelant qu’au Colisée, beaucoup de martyrs avaient «souffert» et «donné leur vie» pour le Christ. Comme chaque année, des milliers de fidèles italiens et du monde entier s’y étaient rassemblés pour la commémoration de la passion du Christ. Ce premier chemin de croix de Benoît XVI était aussi retransmis en mondovision, sur 62 chaînes télévisées dans 42 pays des cinq continents.

Le chemin de croix a commencé à 21h15, dans la sobriété. Benoît XVI a porté la croix de bois à la première station, suivi symboliquement du vicaire de Rome, le cardinal Ruini qui lui a succédé à la 2e station. En tout, une quinzaine de personnes, parmi lesquelles un séminariste, des religieux et religieuses, de jeunes célibataires et une famille romaine, ont porté le symbole de la passion du Christ. Ils représentaient la diversité des états de vie et des nations, ainsi que les préoccupations de l’Eglise. Ainsi, une jeune Coréenne et deux jeunes Africaines de l’Angola et du Nigeria, en tenue traditionnelle, avaient été désignées pour porter la croix, tout comme deux franciscains de Terre Sainte.

Les épaules couvertes de sa cape rouge, couleur du sang des martyrs et de la passion du Christ, Benoît XVI a suivi silencieusement le chemin de croix, écoutant attentivement les lectures en italien, avant de finalement prendre la parole. C’est dans le silence, après avoir salué le maire de Rome, Walter Veltroni, venu pour l’occasion, qu’il a quitté la Roche Tarpéienne vers 22h30.

C’est en 1964 que Paul VI a repris la tradition du chemin de croix au Colisée, dont le premier exemple remonte à l’année sainte 1750. Depuis 1985, la rédaction des méditations du chemin de croix est confiée à des personnalités. Apic

Encadré

Rome: Veillée pascale avec Benoît XVI

Rome, 17 avril 2006 (Apic) La résurrection du Christ est le «saut qualitatif» le plus décisif «dans l’histoire de l’évolution», a lancé le pape aux milliers de fidèles assemblés dans la basilique vaticane, dans la soirée du 15 avril 2006.

Benoît XVI, qui présidait la veillée pascale, est revenu, dans sa longue homélie, sur le sens du baptême en lien avec la résurrection du Christ, fêtée le jour de Pâques.

«En cette nuit sainte, l’évangéliste» nous dit que «Jésus n’est pas un personnage du passé», a d’abord affirmé le pape. «Il vit et, vivant, il marche devant nous». «Il nous appelle à le suivre, Lui, le vivant, et à trouver ainsi, nous aussi, le chemin de la vie», a-t-il insisté.

«A Pâques, nous nous réjouissons parce que le Christ n’est pas resté dans le tombeau, son corps n’a pas connu la corruption», a expliqué Benoît XVI, revenant sur le sens de la plus grande fête chrétienne. Puisqu’»en communion existentielle avec Dieu» et avec «l’amour de Dieu», «vraie puissance contre la mort», il «appartient au monde des vivants». «Nous nous réjouissons» par ce qu’il existe «non seulement hier, mais aujourd’hui et pour l’éternité», a-t-il insisté.

Cependant, a reconnu le théologien, la résurrection est située «tellement au-delà de notre horizon» et de «toutes nos expériences», que, «nous en sommes» à nous demander «en quoi consiste précisément le ’fait de ressusciter’». «Qu’est ce que cela signifie pour nous, (.) pour le monde et pour l’histoire ?».

La veillée pascale a commencé à 22h par le rite traditionnel de la lumière. A l’entrée de la basilique vaticane, le pape a gravé sur le cierge pascal les lettres alpha et oméga, la première et la dernière de l’alphabet grec, ainsi que les chiffres de l’année courante. Puis il a présidé une procession remontant la nef, en allumant les bougies des milliers de fidèles encore dans l’obscurité.

De nombreux textes bibliques ont ensuite été lus en différentes langues, suivis de l’Evangile de la Résurrection commenté par l’homélie du pape. Puis, sept catéchumènes d’Albanie, de Biélorussie, du Pérou, du Japon, de Colombie et du Cameroun, en vêtement traditionnel, ont reçu de Benoît XVI les sacrements du baptême et de la confirmation, avant d’aller communier pour la première fois. (apic/imedia/ar/pr)

17 avril 2006 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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