Appel pour une libération rapide des otages de la guérilla

Rome: Benoît XVI a reçu le nouivel ambassadeur de Colombie auprès du Saint-Siège

Rome, 9 février 2007 (Apic) Benoît XVI a lancé un appel pour la libération des centaines d’otages de la guérilla colombienne, le 9 février. En recevant au Vatican le nouvel ambassadeur de Colombie auprès du Saint-Siège, Juan Gómez Martínez, le pape a également fait part de sa «préoccupation» devant les lois adoptées par son gouvernement concernant la vie, la maladie, le mariage et la famille.

Devant le diplomate, le pape a ainsi confié son «ardent désir» que la Colombie «mette fin au fléau cruel des prises d’otages qui portent gravement atteinte à la dignité et aux droits des personnes». «J’accompagne de ma prière ceux qui se trouvent injustement privés de liberté», a assuré Benoît XVI, et «j’exprime ma proximité à leurs familles, confiant qu’ils seront rapidement libérés». La guérilla des Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC), la plus importante du pays avec quelque 17’000 hommes, détiendrait actuellement 1’100 otages. De son côté, l’Armée de libération nationale (ELN), une organisation armée plus réduite et d’obédience guévariste, détiendrait plus de 500 otages.

Le pape a aussi fait part de sa «préoccupation pour les lois qui concernent des questions très délicates comme la transmission et la défense de la vie, la maladie, l’identité de la famille et le respect du mariage». «Sur ces sujets, et à la lumière de la raison naturelle et des principes moraux et spirituels qui proviennent de l’Evangile, l’Eglise catholique continuera de proclamer sans cesse la grandeur inaliénable de la dignité humaine».

Vers une reconnaissance des couples homosexuels?

Les propos du pape font suite à la décision de la Cour constitutionnelle colombienne, le 7 février, d’octroyer aux couples de même sexe les mêmes droits de succession qu’aux couples hétérosexuels, ouvrant ainsi la voie à une reconnaissance légale des couples homosexuels dans d’autres domaines. En outre, en mai dernier, la cour suprême avait dépénalisé l’avortement. Enfin, depuis 1997, la pratique de l’euthanasie pour des malades en phase terminale qui en formulent la demande est autorisée.

Dans son intervention en espagnol, le souverain pontife a cependant salué «les efforts importants» de la Colombie «pour chercher la paix et la réconciliation». Il a aussi relevé «l’important travail de l’Eglise pour la réconciliation nationale».

Lors ses voeux au corps diplomatique, le 8 janvier, Benoît XVI avait déjà mentionné la situation de la Colombie «où le long conflit interne a provoqué une crise humanitaire, surtout en ce qui concerne les personnes déplacées». «Tous les efforts doivent être faits pour pacifier le pays, pour restituer aux familles leurs proches qui ont été enlevés, pour redonner sécurité et vie normale à des millions de personnes», avait ainsi affirmé le pape.

La Colombie, ancienne colonie espagnole, est considérée comme l’un des pays les plus dangereux au monde, en raison du narcotrafic et des multiples exactions de la guérilla paramilitaire. Durant son mandant, de 1998 à 2002, le président Andrés Pastrana a entamé un difficile et long processus de paix avec les FARC. Son successeur, le conservateur Alvaro Uribe, mène une politique de fermeté qui peine à porter ses fruits. Au pouvoir depuis 2002, il a été réélu président de la République pour 4 ans en mai 2006.

Le nouvel ambassadeur colombien est né à Medellin en 1934. Juan Gómez Martínez a effectué des études d’ingénieur électronique puis de journalisme. Il a ensuite enseigné ces deux matières, avant de prendre la direction du journal El Colombiano. Maire de Medellin à deux reprises, il a aussi été député, gouverneur de l’Etat d’Antiquia, ministre des transports et sénateur. (apic/imedia/ami/bb)

9 février 2007 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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