Mettre fin aux dissensions dans l’Eglise syro-catholique

Rome : Benoît XVI accepte la démission du patriarche Ignace Pierre VIII

Rome, 3 février 2008 (Apic) Benoît XVI a accepté la démission du patriarche d’Antioche des syro-catholiques Ignace Pierre VIII Abdel-Ahad. Il l’a fait savoir dans une lettre datée du 25 janvier et rendue publique le 2 février. En avril 2007, le pape avait convoqué un Synode extraordinaire syro-catholique afin de trouver une solution aux dissensions entre le patriarche Ignace Pierre VIII et le Synode des évêques.

«Après une prière et une réflexion attentives, après avoir entendu l’avis de mes proches collaborateurs, j’ai estimé devoir accueillir votre démission pour les motifs hautement pastoraux qui l’ont inspirée», a écrit Benoît XVI au patriarche Ignace Pierre VIII. Le pape a aussi remercié le patriarche d’Antioche des syro-catholiques pour «ce geste d’amour ecclésial, soucieux par-dessus tout du progrès spirituel des fidèles». Benoît XVI a aussi exprimé sa «profonde gratitude» pour «tout le bien que vous avez réalisé au cours de vos années comme patriarche et dans le service ecclésial que vous avez rempli avec dévouement et générosité tout au long de votre vie».

Un comité composé de 3 membres – Mgr Théophile Georges Kassab, archevêque de Homs, Hama et Nabk des Syriens, Mgr Athanase Matti Shaba Matoka, archevêque de Bagdad des Syriens et Mgr Gregorios Elias Tabé, archevêque de Damas des Syriens – gouvernera le patriarcat syro-catholique jusqu’à l’élection du nouveau patriarche. Celui-ci «sera présidé à tour de rôle par chacun de ses membres», a ajouté le pape.

Benoît XVI avait convoqué au Vatican, du 26 au 28 avril 2007, un Synode extraordinaire de l’Eglise syro-catholique, afin de trouver une solution aux difficultés rencontrées par cette Eglise de quelque 130’000 fidèles. La crise concernait essentiellement des dissensions entre le patriarche Ignace Pierre VIII et le Synode des évêques.

Détaché de l’orthodoxie pour s’unir à Rome

Comme chacune des Eglises catholiques orientales, l’Eglise syro-catholique dispose d’un patriarche et d’un Synode. Cette petite communauté est l’une de ces Eglises orientales qui, à travers les siècles, se sont détachées de l’orthodoxie pour s’unir à Rome en reconnaissant la primauté du pape, tout en conservant leur tradition liturgique propre.

Ainsi, l’Eglise syrienne orientale s’était séparée de l’Eglise catholique lors du Concile de Séleucie-Ctesifonte en 410 après JC, en adoptant la doctrine du nestorianisme selon laquelle le Christ-homme et le Christ-Dieu étaient deux personnes distinctes. Mais, en 1782, le patriarche de l’Eglise syrienne orthodoxe Michel Jarwey d’Alep s’était déclaré catholique et avait ainsi donné naissance à l’Eglise Syrienne Catholique, ou Eglise syro-catholique.

Ignace Pierre VIII, le patriarche d’Antioche des Syro-catholiques, élu selon la tradition par le Synode des évêques de cette Eglise, a été reconnu par Jean Paul II qui lui a concédé la communion ecclésiastique le 20 février 2001. L’Eglise syro-catholique est essentiellement présente en Irak, en Syrie et au Liban. Elle compte aujourd’hui quelque 130’000 fidèles et a beaucoup souffert des massacres perpétrés contre les chrétiens en Turquie à la fin de la Première guerre mondiale. (apic/imedia/ms/bb)

3 février 2008 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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