Le Darfour au centre de son discours
Rome: Benoît XVI appelle à la sortie de la crise au Soudan
Rome, 1er avril 2007 (Apic) Devant l’ambassadeur du Soudan, Benoît XVI a invité «les personnes qui ont une responsabilité en la matière» à poursuivre leurs efforts pour mettre un terme à la «situation de crise» qui perdure au Soudan.
Le pape a ensuite évoqué «la situation dramatique qui perdure depuis 2003 dans la région du Darfour, avec ses conséquences au niveau régional». Il a estimé que «dans ce conflit meurtrier touchant en priorité les populations civiles», la paix ne pouvait pas être «mise en oeuvre par la force des armes», mais passait au contraire «par la culture du dialogue et de la négociation, en vue d’arriver à une solution politique du conflit, dans le respect des minorités culturelles, ethniques et religieuses». Benoît XVI a souligné l’importance d’abandonner «les stratégies d’affrontement». Le pape a finalement souhaité saluer «l’action de tous les organismes catholiques, nationaux ou internationaux, qui oeuvrent dans le pays au service du développement intégral de tous les habitants du pays sans distinction». Le Soudan a vécu 21 ans de guerre civile entre le nord et le sud. Les violences se poursuivent malgré l’accord signé en janvier 2005 qui s’ajoute au conflit régional du Darfour qui a éclaté en février 2003. MS
Devant le nouvel ambassadeur d’Islande, le pape a demandé la mise en application de politiques de sauvegarde de l’environnement, qui est un «devoir». «La conservation de l’environnement et la promotion du développement durable sont de plus en plus considérés par tous comme des sujets de profonde inquiétude», a estimé le pape. Pour Benoît XVI toute exploitation irresponsable de l’environnement reflète un concept inhumain du développement, en affectant les pays les plus pauvres. L’Islande ambitionne de devenir une société neutre en émission de CO2 dans les prochaines décennies et de développer plusieurs programmes en ce sens. Cependant, les élections législatives du 13 mai 2007 ont été marquées par le débat sur la forte croissance de l’industrie et sur ses conséquences sur l’environnement.
L’Estonie et le Burundi
Devant l’ambassadeur d’Estonie, le pape a estimé que le pays «peut vraiment contribuer à l’Europe de demain». Benoît XVI a aussi rappelé les valeurs chrétiennes de l’Europe, défendant le rôle de la famille traditionnelle fondée sur le mariage et le respect de la vie. Mentionnant le rôle de l’Eglise catholique dans le pays, le pape a souligné son engagement «pour la promotion de la sainteté du mariage, le rôle fondamental et la mission de la famille, l’éducation des enfants et le respect du don de la vie de la conception à la mort naturelle». La République d’Estonie est une démocratie parlementaire depuis le rétablissement de son indépendance, en 1991. L’Estonie fait partie de l’Union européenne depuis le 1er mai 2004 et a prévu d’adopter l’euro le 1er janvier 2008. La grande majorité des Estoniens sont des protestants luthériens, les orthodoxes et les catholiques ne représentant qu’une minorité.
Le pape a enfin souhaité que les responsables de l’assassinat du nonce apostolique au Burundi, en décembre 2003, soient traduits en justice. Le pape a estimé que l’Eglise catholique avait payé «elle-même un lourd tribut à la cause de la paix et de la réconciliation dans le pays». Il a en effet rappelé le souvenir de Mgr Courtney, nonce apostolique, assassiné le 29 décembre 2003 après avoir rencontré les autorités religieuses, politiques et militaires dans le diocèse de Bururi. Benoît XVI s’est également souvenu des «souffrances de la population, qui a été durement éprouvée par tant d’années de guerre, qui en subit encore aujourd’hui les conséquences et qui a également été frappée périodiquement par la sécheresse et par des inondations». Il a souhaité la «consolidation de la paix et de la stabilité dans la région des Grands Lacs», expliquant que l’Eglise au Burundi était «prête à prendre une part active à ce processus». La guerre civile au Burundi oppose depuis 1993 les rebelles hutus à l’armée, dirigée par la minorité tutsie. Plus de 300’000 personnes, en majorité des civils, ont été tuées en dix ans de conflit, selon l’Onu. (apic/imedia/ms/ar/pr)



