Le pape les remercie pour leur engagement missionnaire

Rome: Benoît XVI appelle les mouvements ecclésiaux à l’obéissance

Rome, 31 mai 2006 (Apic) Tout en remerciant les mouvements ecclésiaux et les communautés nouvelles pour leur engagement missionnaire, leur action de formation et leur promotion des vocations, Benoît XVI a rappelé leur devoir «d’obéissance» envers l’Eglise.

Le pape s’exprime dans ce sens dans une lettre envoyée le 31 mai aux quelque 300 participants au congrès mondial ouvert le même jour à Rocca di Papa, aux environs de Rome, sur le thème: «La beauté d’être chrétiens et la joie de la communiquer».

Dans sa lettre en italien, Benoît XVI affirme aux mouvements et nouvelles communautés que l’Eglise les remercie pour la disponibilité qu’ils démontrent à «accueillir les indications opérationnelles non seulement du successeur de Pierre, mais aussi des évêques des différentes Eglises locales qui sont, avec le pape, gardiens de la vérité et de la charité dans l’unité». Le pape leur a dit avoir confiance «dans votre prompte obéissance».

Pour lui, au-delà de l’affirmation du droit à une existence propre, doit prévaloir, comme priorité indiscutable, «l’édification du corps du Christ au milieu des hommes». Ainsi, précise-t-il, chaque problème doit être abordé par les mouvements avec des sentiments de profonde communion, «dans un esprit d’adhésion» aux directives des pasteurs légitimes de l’Eglise.

«Un signe lumineux de la beauté du Christ et de l’Eglise»

Saluant les mouvements ecclésiaux et les communautés nouvelles qui «sont aujourd’hui un signe lumineux de la beauté du Christ et de l’Eglise», il leur a dit qu’ils appartiennent à la structure vivante de l’Eglise. Il demande que les mouvements «soient toujours des écoles de communion, des compagnes de chemin dans lesquelles on apprend à vivre dans la vérité et dans l’amour».

Dans son long message, Benoît XVI a aussi souligné qu’au cours des siècles, le christianisme avait été communiqué et s’était diffusé grâce à la nouveauté de vie de personnes et de communautés capables de rendre un témoignage incisif d’amour, d’unité et de joie.

«A travers les fondateurs et les initiateurs de vos mouvements et communautés, vous avez entrevu avec une singulière luminosité le visage du Christ et vous vous êtes mis en chemin», a-t-il souligné.

«Combien de mal l’envie de pouvoir, de la possession et du plaisir est capable de produire dans la vie de l’homme et des nations!», a-t-il finalement regretté. Et d’inviter les membres des mouvements à porter dans ce monde troublé le témoignage de la liberté par laquelle Dieu nous a libérés. «Là où la charité se manifeste» et devient «force de construction d’un ordre social plus juste, là se construit la civilisation capable de faire front à l’avancée de la barbarie», a-t-il ajouté, revenant sur le thème du congrès.

Dans sa lettre, Benoît XVI a mentionné le dernier congrès mondial des mouvements ecclésiaux qui s’était tenu du 26 au 29 mai 1998, et auquel, en tant que préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi, il avait apporté sa contribution sur la place théologique des mouvements. Il s’est aussi souvenu de la rencontre mémorable des mouvements avec Jean Paul II, le 30 mai 1998, place Saint-Pierre. A son tour, Benoît XVI rencontrera au Vatican plus de 100 mouvements ecclésiaux et communautés nouvelles le 3 juin dans la soirée. AR/JB

Encadré

Les fruits du Concile Vatican II

Après le Concile Vatican II, dans les années 70, soulignant l’importance des laïcs dans l’Eglise, de nombreux mouvements – appelés «communautés nouvelles» – ont été fondés par des catholiques, chacun selon un appel particulier, dit «charisme». Parmi ces mouvements, il faut notre les communautés de l’Emmanuel, du Chemin neuf ou encore des Béatitudes. Elles venaient élargir l’ensemble des mouvements déjà fondés dans l’Eglise au cours du 20e siècle, selon l’intuition de fondateurs ayant senti des besoins particuliers à leur époque, auxquels ils voulurent répondre par la fondation d’associations comme les Focolari, en 1943. Le développement de ces mouvements, à la fois autonomes mais souhaitant s’incorporer dans l’Eglise, n’a pas toujours été facile. Certains y voyaient une forme de concurrence avec la vie paroissiale et leur insertion dans les diocèses a souvent créé des difficultés. Si Jean Paul II a encouragé leur développement, le cardinal Joseph Ratzinger a aussi mis en garde en son temps contre certaines dérives possibles vis-à-vis de l’autorité ecclésiale. (apic/imedia/ar/be)

31 mai 2006 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Temps de lecture : env. 3  min.
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