Rome: Benoît XVI demande à la Grèce de garantir le statut juridique de l’Eglise catholique

Encore considérée comme une «Eglise étrangère»

Rome, 16 mars 2008 (Apic) Benoît XVI a demandé une nouvelle fois à la Grèce de garantir le statut juridique de l’Eglise catholique sur son territoire, encore considérée comme une «Eglise étrangère». Il recevait en audience le nouvel ambassadeur hellène près le Saint-Siège, Miltiadis Hiskakis, venu lui remettre ses lettres de créance le 15 mars 2008. Le pape a aussi souhaité la poursuite du dialogue avec l’Eglise orthodoxe et invité à la redécouverte de l’héritage grec du christianisme.

Benoît XVI a ainsi remercié le diplomate pour «l’assurance du gouvernement de résoudre les questions administratives qui regardent l’Eglise catholique en Grèce» et en particulier la question particulièrement importante de son statut juridique.

Le pape a rappelé que la foi catholique, bien que minoritaire, regarde avec espoir le résultat de ces négociations. «Quand les chefs religieux et les autorités civiles travaillent ensemble pour élaborer une législation juste pour la vie des communautés ecclésiales, le bien être spirituel de la foi et de toute la société en sort renforcé», a encore déclaré le souverain pontife.

Le pape a aussi rappelé sa volonté de travailler ensemble sur le chemin de l’unité entre les chrétiens. «Indubitablement, l’honnêteté et la confiance sont nécessaires chez les deux parties pour que le dialogue se poursuive sur la bonne voie», a-t-il insisté. Il a aussi souhaité que l’année paulinienne, qui marque le bimillénaire de la naissance de saint Paul, soit un catalyseur qui fasse réfléchir les peuples d’Europe sur leur histoire en redécouvrant le trésor inestimable des valeurs qui découlent de la culture hellénistique.

Enfin Benoît XVI a souhaité, sans donner d’exemple concret, que la Grèce promeuve la paix et la réconciliation, en particulier dans le bassin méditerranéen et «atténue les tensions et dissipe les nuages de la suspicion qui ont longtemps été un obstacle dans la coexistence harmonieuse dans la région». La Grèce entretient des relations extrêmement difficiles avec la Turquie.

Benoît XVI avait déjà apporté son soutien à l’Eglise catholique en Grèce dans sa revendication d’un statut juridique, en recevant en octobre 2006, les évêques catholiques du pays en visite «ad limina» à Rome. En Grèce, la religion «dominante», selon 1’article 3 de la Constitution, est celle de l’Eglise orthodoxe (près de 95% de la population), véritable Eglise officielle.

Pour une égalité des droits

L’Eglise catholique en Grèce est considérée par l’Etat comme une confession étrangère. Depuis 50 ans, et en particulier depuis les années 90, l’Eglise catholique du pays n’a pas réussi à combler le vide juridique qui existe en la matière dans la législation hellénique. Elle demande l’égalité des droits civiques avec l’Eglise orthodoxe. Le ministère de l’Education et des Affaires religieuses a institué une commission mixte pour étudier une solution. Elle n’a pas encore donné satisfaction à l’Eglise catholique. Le pape Jean Paul II avait demandé à plusieurs reprises au gouvernement grec de régler cette question.

Les catholiques grecs étaient jusqu’à présents entre 45’000 et 50’000 fidèles (0,5% de la population du pays). Avec l’afflux d’immigrés dans le pays, un phénomène récent, la communauté serait passée à près de 350’000 membres. Le nouvel ambassadeur de Grèce près le Saint-Siège, Miltiadis Hiskakis, a 58 ans. Juriste diplômé de l’Université d’Athènes, il est entré dans la carrière diplomatique en 1978. Consul général à Naples entre 1992 et 1997, il a été ambassadeur en Thaïlande (2004-2006) et directeur général du ministère des Affaires étrangères à Athènes (2006-2008). (apic/imedia/hy/be)

16 mars 2008 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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