La liberté peut aussi conduire au mal

Rome: Benoît XVI devant des jeunes détenus à la périphérie de Rome

Rome, 1 mars 2007 (Apic) La liberté peut être une rampe de lancement pour plonger dans la bonté divine, a affirmé en substance le pape, mais elle peut aussi conduire au péché et au mal. Benoît XVI disait une messe devant une cinquantaine de jeunes détenus de la prison pour mineurs de Casal del Marmo, en périphérie de Rome.

Célébrant la messe dans la petite chapelle d’une institution pénitentiaire de Casal del Marmo le pape a invité les jeunes prisonniers à se rendre compte du «drame» que peut représenter la liberté de l’homme. «La liberté est une rampe de lancement pour plonger dans l’océan infini de la bonté divine, mais peut aussi devenir un plan incliné sur lequel on glisse vers l’abysse du péché et du mal». Nous y perdons alors notre liberté et notre dignité, a ajouté Benoît XVI. Dans une homélie en partie improvisée sur la lecture évangélique du jour – la parabole du fils prodigue – le pape a affirmé que c’est l’amour de Dieu qui console et donne la paix, particulièrement dans les moments difficiles. Le fils prodigue, a expliqué Benoît XVI, «voulait une vie sans discipline, faire ce qu’il voulait, ne pas être dans la prison des règles». Le pape a invité les jeunes, comme le fils prodigue de l’Evangile, à découvrir que la discipline et le travail, au contraire, en élargissent la vie.

«Une vie sans Dieu ne fonctionne pas», car il manque «l’essentiel, il manque la lumière, il manque le sens de ce que signifie être un homme», a aussi affirmé Benoît XVI. Il a rappelé que les commandements de Dieu ne sont pas des obstacles mais «des panneaux indicateurs pour la route à parcourir» pour rejoindre Dieu mais aussi pour réaliser un monde plus libre et plus beau.

Le pape a célébré la messe devant les 49 jeunes détenus de la prison de Casal del Marmo, les épaules recouvertes d’une chasuble rose à l’occasion du 4e dimanche de Carême, le dimanche de Laetare. Il était arrivé un peu avant 9h30 à l’institut pénitentiaire de Casal del Marmo, accueilli par le cardinal vicaire de Rome Camillo Ruini, la directrice de l’institut, Maria Laura Grifoni, et le ministre italien de la justice, Clemente Mastella.

Le droit du détenu à professer sa foi

Intervenant devant Benoît XVI au début de la messe, l’inspecteur général des aumôniers de prison a demandé que «l’Etat italien, qui est laïc, reconnaisse et respecte le droit de professer sa foi». On ne peut supprimer ce droit, qui est aussi celui du détenu, a-t-il ajouté. Au terme de la messe, le ministre italien de la justice, Clemente Mastella, est intervenu devant le pape pour préciser que, selon lui, la laïcité de l’Etat ne consistait pas en une absence de valeurs et de perspectives éthiques. Lors de la récente adoption d’un projet de loi en faveur des droits des couples concubins des deux sexes, le ministre, catholique militant s’est distancé du gouvernement du socialiste Romano Prodi. Devant le pape, il a assuré que la famille était «la pierre angulaire» de la société italienne.

Après cela, le pape s’est rendu dans le gymnase de l’institut pénitentiaire où il a écouté les salutations de plusieurs personnes parmi lesquelles un jeune prisonnier qui lui a déclaré sa joie de le recevoir et , reconnaissant aussi «devoir payer» pour «tant d’erreurs commises». La directrice de la prison a confié au pape qu’une jeune détenue avait pleuré en sortant de la prison, parce qu’elle ne pourrait pas le voir. Benoît XVI a quitté l’institution pénitentiaire de Casal del Marmo un peu après 11h afin de rejoindre ses appartements au Vatican et réciter en public, à 12h, la prière de l’Angélus. C’est la première fois que Benoît XVI se rendait dans une prison. (apic/imedia/ami/vb)

18 mars 2007 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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