Toute son enfance bercée par cette région
Rome: Benoît XVI devient citoyen d’honneur d’Altötting.
Rome, 7 juin 2006 (Apic) Le pape Benoît XVI a reçu la citoyenneté d’honneur d’Altötting, ville de Bavière, le 7 juin 2006 en milieu de journée. Une cérémonie était organisée à cette occasion dans une pièce attenante à la Salle Paul VI, au Vatican, en présence d’une quarantaine de personnes venues assister auparavant à l’audience générale place Saint-Pierre.
Durant l’audience, le pape a salué la délégation allemande d’Altötting de la ville qui abrite un grand sanctuaire marial. Joseph Ratzinger est né à 15km de là, dans la petite ville de Marktl am Inn, en bordure de la frontière autrichienne. Toute son enfance s’est déroulée dans des villages proches du sanctuaire.
Altötting sera l’une des grandes étapes du voyage de Benoît XVI en Bavière, du 9 au 14 septembre 2006. Le sanctuaire marial, auquel le pape est particulièrement attaché, est situé à 90 km au sud-est de Munich, dans le diocèse de Passau. Le pape bavarois devrait s’y rendre le 11 septembre prochain.
Là, il visitera la Gnadenkapelle du sanctuaire, où il priera devant la statue de la Vierge. Il célébrera la messe en présence de délégations des sanctuaires mariaux européens comme Lorette, Fatima, Czestochowa et Mariazell. Après la cérémonie, le pape se rendra à pied dans le couvent Sainte-Madeleine des capucins où il déjeunera. Dans l’après-midi, vers 17h, il rencontrera des religieux et séminaristes dans la basilique Sainte-Anne d’Altötting, avant de rejoindre, dans la soirée, sa ville natale.
Notre-Dame d’Altötting est un sanctuaire bavarois, dont la Vierge Noire date du IXe siècle. Le pèlerinage devint célèbre surtout à partir du XVe siècle. Dès le Moyen-Age cependant, les Maisons princières germaniques se sont succédées en exercices de dévotion à Notre-Dame d’Altötting, dont la «sainte chapelle» conserve toujours, dans une urne, les coeurs des ducs et rois régnants de la famille des Wittelsbach (famille de la célèbre impératrice Sissi) ainsi que les restes du pieux Commandant Tilly. Durant la période du nazisme, le sanctuaire et ses pèlerins furent persécutés. Pourtant, l’affluence vers Notre-Dame d’Altötting ne fit que redoubler.
En 1934, on canonisa même le frère capucin Conrad de Parzham (mort en 1894) qui, toute sa vie durant, avait été le portier du couvent capucin d’Altötting et avait une piété mariale rayonnante. Dans son livre Ma vie, souvenirs (1998), Joseph Ratzinger fait mention de la figure de ce moine et de son attachement personnel au sanctuaire marial d’Altötting.
On raconte que, pendant la seconde guerre mondiale, voyant arriver l’armée américaine, les troupes nazies s’étaient retranchées dans le couvent d’Altötting après en avoir fusillé le doyen. Les Américains avertirent qu’ils bombarderaient l’endroit si l’on n’y allumait pas la lumière électrique. Les nazis refusèrent, mais un pèlerin parvint à donner de la lumière, payant de sa vie cet acte courageux tout en sauvant le sanctuaire de la destruction. Aujourd’hui, un million de fidèles viennent, chaque année, prier Notre-Dame d’Altötting.
Prêtre, évêque et cardinal, il y a souvent effectué des pèlerinages, les présidant à maintes occasions lorsqu’il était professeur de théologie à l’université de Ratisbonne, avant d’être nommé archevêque de Munich en 1977. (apic/imedia/ar/pr)



