Des sérieuses menaces à la coexistence civile entre les nations
Rome: Benoît XVI et le président Poutine condamnent l’extrémisme et l’intolérance
Rome, 14 mars 2007 (Apic) Benoît XVI et le président russe Vladimir Poutine ont condamné «l’extrémisme et l’intolérance» lors de leur rencontre, au Vatican, dans la soirée du 13 mars. Les deux hommes, qui se sont entretenus près d’une demi-heure, ont aussi évoqué «les relations entre l’Eglise catholique et l’Eglise orthodoxe», a indiqué sans plus de précisions le Bureau de presse du Saint-Siège.
Lors de la première rencontre entre Benoît XVI et Vladimir Poutine, il a été question «des problèmes de l’extrémisme et de l’intolérance qui constituent «, a ainsi indiqué un communiqué du Bureau de presse du Saint-Siège. Pendant la rencontre du président Poutine avec le pape, le ministre russe des Affaires étrangères Serghey Lavrov s’est entretenu avec le secrétaire d’Etat du Saint-Siège, le cardinal Tarcisio Bertone, accompagné du secrétaire du Saint-Siège pour les relations avec les Etats, Mgr Dominique Mamberti.
Au cours de ces entretiens «qui se sont déroulés dans un climat très positif», a indiqué le Saint-Siège, «la nécessité de préserver la paix et de favoriser une résolution négociée et pacifique des conflits» a été soulignée. «Certains thèmes bilatéraux d’intérêt commun» ont aussi été examinés, «y compris concernant les relations entre l’Eglise catholique et l’Eglise orthodoxe et les questions internationales d’actualité, en particulier celles qui concernent le Proche-Orient». Enfin, a précisé le communiqué, les entretiens «ont permis de noter les rapports cordiaux existant entre le Saint-Siège et la Fédération de Russie, tout autant que la volonté réciproque de les développer ultérieurement, y compris avec des initiatives à caractère culturel».
Un peu après 18h, Benoît XVI a accueilli le président russe de manière très cordiale en lui souhaitant, en allemand, la bienvenue au Vatican. Après avoir longuement posé devant les photographes de presse, les deux hommes se sont installés face-à-face dans la bibliothèque du pape pour un entretien privé de 25 minutes en allemand. A leurs côtés se tenaient deux traducteurs qui ne seraient intervenus que pour traduire un seul mot.
Le président Poutine était accompagné d’une suite de 14 personnes, parmi lesquelles son ministre des Affaires étrangères, Serghey Lavrov, le représentant de la Fédération russe près le Saint-Siège, Nikolay Sadchikov. L’épouse du président russe n’était pas présente à cette rencontre bien qu’elle soit arrivée avec lui à Rome quelques heures plus tôt.
Icône de saint Nicolas en cadeau
Au terme de la rencontre privée, la délégation du président russe a salué le pape. Puis Vladimir Poutine, s’exprimant en russe, a offert à Benoît XVI une icône de saint Nicolas, patron de la Russie, vénéré tant par l’Orient que par l’Occident, ainsi que les deux premiers volumes de l’Encyclopédie catholique russe.
Benoît XVI a quant à lui offert une gravure de deux artistes allemands datant de 1663 et représentant un projet architectural de la place Saint-Pierre comprenant une troisième colonnade jamais construite, «car le Saint-Siège n’avait pas d’argent», a précisé le pape en plaisantant. Benoît XVI lui a aussi remis, ainsi qu’à toute la délégation russe, des médailles de son pontificat.
Le 14 mars 2007, Vladimir Poutine devait rejoindre Bari, dans le sud de la péninsule, pour un sommet italo-russe essentiellement consacré aux questions de coopération énergétique. C’est dans cette ville que se trouvent le tombeau et les reliques de saint Nicolas. Avant sa visite au Vatican, le président russe avait rencontré le président italien Giorgio Napolitano.
Contrairement à certaines rumeurs avancées récemment par la presse, aucun représentant de l’Eglise orthodoxe ne faisait partie de la délégation du chef d’Etat russe. Quelques jours avant sa visite, le patriarcat orthodoxe de Moscou avait en effet précisé que l’Eglise orthodoxe n’attendait pas que Vladimir Poutine joue un «rôle de médiateur» avec l’Eglise catholique.
Vladimir Poutine, président de la Fédération de Russie depuis 2000, réélu en 2004, avait été reçu en audience par Jean Paul II (1978-2005) l’année de son élection et en 2003. (apic/imedia/ms/ami/bb)



