Lors de sa première interview télévisée diffusée en Pologne

Rome: Benoît XVI évoque la figure de son prédécesseur

Rome, 17 octobre 2005 (Apic) Benoît XVI a évoqué la figure de Jean-Paul II dans une interview diffusée dans la soirée du 16 octobre 2005 sur la chaîne de télévision polonaise TVP, le jour du 27e anniversaire de l’élection de son prédécesseur. Dans cette première interview télévisée, le pape a aussi confirmé son désir de se rendre en Pologne, peut-être dès juin 2006.

«Si Dieu le veut, si les circonstances me le permettent, j’ai bien l’intention de venir en Pologne», a déclaré Benoît XVI, précisant que le mois de juin 2006 semblait «le moment le plus adéquat», mais que «tout est encore à organiser avec les diverses instances compétentes».

Evoquant les «nombreux documents» (14 Encycliques, une quarantaine de Lettres apostoliques.) laissés par Jean Paul II, Benoît XVI a expliqué que sa «mission essentielle et personnelle», face à ce «patrimoine richissime», était de «ne pas promulguer de nombreux nouveaux documents mais de faire en sorte que ces documents soient assimilés, car ils constituent un trésor très riche, ils sont l’authentique interprétation de Vatican II». «Par ces textes, il nous fait vraiment comprendre ce que voulait et ce que ne voulait pas le Concile», a ainsi estimé Benoît XVI.

A la question de savoir comment était née l’amitié entre les cardinaux Wojtyla et Ratzinger, Benoît XVI a répondu avoir fait connaissance de l’archevêque de Cracovie lors des deux pré-conclaves et conclaves de 1978, tout en ayant déjà entendu parler de lui lors d’échanges de lettres entre les évêques polonais et allemands, en 1965. «Les cardinaux allemands m’ont raconté combien le mérite et la contribution de l’archevêque de Cracovie étaient grands et qu’il était vraiment l’âme de cette correspondance réellement historique», a confié le pape.

Benoît XVI a déclaré avoir «éprouvé une grande sympathie» pour le cardinal Wojtyla, et s’est dit «reconnaissant» d’avoir reçu, «sans l’avoir mérité, (.) le don de son amitié». A propos de sa nomination comme préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi en 1981, Joseph Ratzinger avoue qu’il a longuement hésité à quitter le diocèse de Munich dont il était archevêque. «Il a fini par me convaincre, parce que c’était la volonté de Dieu», a expliqué Benoît XVI, reconnaissant avoir accepté «cet appel et cette grande responsabilité» qui dépassaient ses capacités. Et de confier aussi son «impression fondamentale» sur Jean Paul II, le qualifiant d’homme qui vivait «avec Dieu, et même en Dieu».

Jean Paul II était le porte-parole de la chrétienté

Interrogé ensuite sur les points les plus significatifs du pontificat de Jean Paul II, Benoît XVI a estimé qu’avec «ses discours, sa personne, sa présence, sa capacité de convaincre», le pape polonais avait «créé une nouvelle sensibilité pour les valeurs morales, pour l’importance de la religion dans le monde», entraînant «une nouvelle ouverture, une nouvelle sensibilité pour les problèmes de la religion, pour la nécessité de la dimension religieuse chez l’homme», ainsi qu’un accroissement de «l’importance de l’évêque de Rome». «Tous les chrétiens, malgré les différences et malgré leur non reconnaissance du successeur de saint Pierre, ont reconnu qu’il était le porte-parole de la chrétienté», a continué Benoît XVI. Il a jugé que «pour la non-chrétienté et pour les autres religions aussi, c’était lui, le porte- parole des grandes valeurs de l’humanité», créant «un climat de dialogue entre les grandes religions et un sens commun des responsabilités à l’égard du monde».

Concernant l’Eglise elle-même, Benoît XVI a estimé que Jean Paul II avait «su susciter l’enthousiasme des jeunes pour le Christ», «une chose nouvelle si nous pensons à la jeunesse de 1968 et des années 70». Lui seul pouvait réussir de cette façon à mobiliser la jeunesse du monde pour la cause de Dieu, a encore souligné le pape allemand. Et d’ajouter qu’il «importe de mentionner également sa contribution aux grands changements dans le monde en 1989, à l’effondrement du soi-disant socialisme réel».

Benoît XVI connaît l’origine de beaucoup de textes de son prédécesseur

Benoît XVI s’est aussi exprimé sur les deux dernières rencontres avec Jean Paul II début février 2005 lors de son hospitalisation à la polyclinique Gemelli et la veille de sa mort. Lors de la première rencontre, a confié Benoît XVI, «le pape souffrait visiblement, mais il était pleinement lucide et très présent», et «bien que souffrant, suivait avec grande attention ce que je disais». «Il me communiqua ses décisions en peu de mots, me donna sa bénédiction, me salua en allemand, tout en m’accordant sa pleine confiance et son amitié». Puis, à la veille de sa mort, Benoît XVI l’a trouvé «encore très lucide» et «serein malgré les douleurs visibles».

«Le pape est toujours à mes côtés par ses textes», a encore estimé Benoît XVI à propos de son prédécesseur, confiant connaître «l’origine de beaucoup de textes» et se souvenir de leurs dialogues «sur l’un ou l’autre d’entre eux». «Je suis proche du pape et lui, maintenant, m’aide à être près du Seigneur. Je cherche à entrer dans son climat de prière, d’amour du Seigneur, d’amour de la Sainte Vierge et je m’en remets à ses prières», a affirmé le pape allemand.

La première interview télévisée de Benoît XVI a été diffusée par la chaîne polonaise TVP dans la soirée du 16 octobre 2005. Cette entrevue, réalisée en italien le 20 septembre dernier à Castel Gandolfo, avait été accordée par le pape au rédacteur en chef des programmes catholiques de la télévision d’Etat, le père jésuite Andrej Majewski, ancien responsable du programme polonais de Radio Vatican. (apic/imedia/ami/vb)

17 octobre 2005 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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