Rome: Benoît XVI invite à «mondialiser» la solidarité
Au nom de la dignité humaine
Rome, 1er juin 2008 (Apic) Benoît XVI a présenté comme un «grand défi» la nécessité de «mondialiser» la «solidarité» et non seulement les «intérêts économiques et commerciaux», le 31 mai 2008. Le pape s’exprimait lors de l’audience annuelle accordée aux membres de la «Fondation Centesimus annus – Pro Pontifice».
«Comme le processus de mondialisation actuellement en cours dans le monde touche de plus en plus les domaines de la culture, de l’économie, des finances et de la politique, a ainsi affirmé Benoît XVI, le grand défi actuel est de ’mondialiser’ non seulement les intérêts économiques et commerciaux mais aussi les espérances de solidarité».
«Il faut toujours mettre l’homme au centre de chaque programme économique», a encore souhaité le pape, expliquant que l’être humain avait été «créé à l’image de Dieu et voulu par lui afin de protéger et administrer les immenses ressources de la création». A ses yeux, «seule une culture partagée de la participation responsable et active peut permettre à chaque être humain de se sentir non comme un bénéficiaire ou un témoin passif du développement mondial mais comme un collaborateur actif».
Le pape a encore soutenu que «l’intérêt économique et commercial ne doit jamais devenir l’intérêt exclusif car cela mortifierait de fait la dignité humaine». Par ailleurs, a souhaité Benoît XVI, «la croissance économique ne doit jamais être dissociée de la recherche d’un développement humain et social intégral»
Approfondissement de l’enseignement social de l’Eglise
La «Fondation Centesimus annus – Pro Pontefice» a été instituée par Jean-Paul II en 1993. Elle est chargée d’approfondir l’enseignement social de l’Eglise pour traiter les questions liées à la paix, la solidarité, le travail, la mondialisation ou encore l’immigration. Cette fondation vient aussi financièrement en aide aux oeuvres caritatives du pape. Son président est actuellement Lorenzo Rossi di Montelera. Il est assisté par le cardinal italien Attilio Nicora, président de l’Administration du patrimoine du siège apostolique (APSA).
La fondation voulue par le pape polonais porte le nom de son Encyclique sociale de 1991, Centesimus annus, qui avait marqué la fin du «socialisme existant», mais analysait aussi l’économie de marché comme une expression de la créativité humaine, en faisait une arène de responsabilité morale et en appelait à la primauté des valeurs et de la culture. (apic/imedia/ami/js)



