Avec l’accord du gouvernement communiste

Rome: Benoît XVI nomme un évêque au Vietnam

Rome, 15 mai 2006 (Apic) Benoît XVI a nommé le 13 mai le nouvel évêque de Da Nang, au centre du Vietnam, avec l’accord du gouvernement vietnamien. C’est la première fois qu’une telle nomination est officiellement annoncée par le Vatican.

La nomination du nouvel évêque de Da Nang au Vietnam a été publiée parmi d’autres, le samedi 13 mai, dans le Bulletin quotidien de la Salle de presse du Saint-Siège. Le pape a nommé Mgr Joseph Chau Ngoc Tri, 49 ans, à la place de Mgr Nguyen Binh Tinh, 75 ans, atteint par l’âge de la retraite officielle pour les prélats. Il a été nommé en accord avec le gouvernement vietnamien.

La communauté catholique vietnamienne est la deuxième d’Asie du sud-est (après les Philippines) avec un peu moins de 6 millions de catholiques, soit 7 % de la population.

Le Vietnam communiste et le Vatican n’ont pas de relations diplomatiques, mais leurs rapports se sont nettement améliorés ces dernières années. Ainsi, en novembre 2005, 57 nouveaux prêtres ont été ordonnés à Hanoï par le cardinal Crecenzio Sepe, préfet de la Congrégation pour l’évangélisation des peuples, venu spécialement de Rome. Cependant, Hanoï reste suspicieuse à l’égard des catholiques et continue à contrôler l’ordination des évêques et à en limiter le nombre de prêtres.

La nomination avec l’accord du pape du nouvel évêque de Da Nang, le 13 mai 2006, ne doit faire oublier celle effectuée par la Chine, sans autorisation du Saint-Siège. Pékin a en effet lancé, le 15 mai, un nouveau défi au Vatican, en procédant à une nouvelle nomination d’évêque sans son approbation. Zhan Silu, 45 ans, évêque auxiliaire du diocèse de Mingdong depuis 6 ans, a été nommé par l’Eglise officielle, contrôlée par les autorités chinoises, évêque titulaire du diocèse du Fujian (sud-est), au cours d’une cérémonie très discrète.

Début mai, l’ordination de deux évêques chinois refusés par le Saint-Siège avait conduit Rome à une condamnation de «la violation de la liberté religieuse». Le Saint-Siège avait alors menacé d’excommunication les évêques qui seraient ordonnés sans l’accord du pape. Néanmoins, y avaient fait suite plusieurs ordinations épiscopales avec l’accord du pape, dont celle du 7 mai, de Mgr Paolo Pei Junmin. Il avait été ordonné comme évêque coadjuteur de Shenyang dans le diocèse de la province de Liaoning, (nord-est de la Chine).

La Chine et le Saint-Siège n’ont pas de relations diplomatiques. Des négociations étaient pourtant ouvertes pour l’échange d’ambassadeurs. Elles ont deux conditions préalables, du côté chinois, la rupture des relations entre le Saint-Siège et ’la province rebelle’ de Taïwan, et du côté du Vatican, un accord sur les ordinations d’évêques. Il prévoirait la consultation officielle du Saint-Siège sur le nom des prélats pressentis. Un accord difficile à avaler pour Pékin, qui ne veut pas que le pape ’interfère’ dans ses affaires intérieures. La Chine compte actuellement 97 diocèses. 47 d’entre eux n’ont pas, à ce jour, d’évêque, et de nombreux autres sont dirigés par des prélats très âgés. (apic/imedia/hy/vb)

15 mai 2006 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Temps de lecture : env. 2  min.
Partagez!