Le pape avait reçu un message de lui le jour même de sa mort

Rome: Benoît XVI profondément attristé et touché par l’assassinat de Frère Roger

Rome, 17 août 2005 (Apic) Au cours de l’audience générale du 17 août, Benoît XVI s’est déclaré très attristé et personnellement marqué par la disparition de Frère Roger, fondateur de la communauté de Taizé, assassiné mardi soir. A la veille du départ du souverain pontife pour les JMJ de Cologne, l’audience s’est exceptionnellement déroulée à Castel Gandolfo, la résidence d’été des papes.

Improvisant ses propos, le pape a souligné la «grande tristesse de cette terrible nouvelle». «Cela me touche d’autant plus que j’avais reçu justement hier de lui une lettre émouvante dans laquelle il disait qu’il était de tout coeur avec le pape et tous ceux qui sont à Cologne», a poursuivi le souverain pontife. Frère Roger y informait le pape qu’il ne pourrait se rendre lui-même à Cologne, pour des raisons de santé.

Lors des funérailles de Jean Paul II, en avril dernier, Frère Roger se trouvait au premier rang et avait alors reçu la communion des mains du cardinal Ratzinger, alors doyen du sacré collège qui présidait la messe des funérailles. Frère Roger était très proche de Jean Paul II qui avait visité la communauté de Taizé en octobre 1986.

Le fondateur et prieur de la communauté oecuménique de Taizé (dans le département de Saône-et-Loire en France), âgé de 90 ans, a été mortellement blessé à coups de couteau le 16 août au cours de la prière du soir, par une Roumaine déséquilibrée de 36 ans. Elle a été aussitôt interpellée et placée en garde-à-vue.

Le drame s’est déroulé vers 20h45 à Taizé alors que quelque 2’500 jeunes de diverses nationalités assistaient à la prière traditionnelle du soir dans l’Eglise de la Réconciliation. Frère Roger a été atteint à la gorge, mais selon les enquêteurs, il aurait également été frappé dans le dos.

Une centaine de frères dans la communauté de Taizé

Protestant, diplômé en théologie, Roger Schutz avait consacré sa vie à la réconciliation entre les chrétiens. Il était arrivé à Taizé, un petit village près de Cluny, en août 1940, à l’âge de 25 ans, avec le projet de fonder une communauté monastique. Frère Roger, qui a reçu le prix Unesco de l’éducation pour la paix en 1988, avait écrit de nombreux ouvrages de prières et de réflexion, invitant toujours les jeunes à l’engagement. La communauté de Taizé compte aujourd’hui une centaine de frères de plusieurs confessions chrétiennes et originaires d’une trentaine de pays. Elle accueille chaque année des dizaines de milliers de jeunes pour des temps de partage, de prières et des pèlerinages oecuméniques.

C’est un catholique allemand de 50 ans, Frère Alois, qui va prendre la tête de la communauté de Taizé. Il a été désigné par frère Roger il y a huit ans, selon la règle de la communauté selon laquelle le prieur choisit son successeur. En raison de son grand âge, frère Roger envisageait de quitter ses fonctions dans le courant de l’année. Ces derniers temps, il était très fatigué et se déplaçait souvent en fauteuil roulant.

Frère Alois a quitté les Journées mondiales de la jeunesse, où l’annonce du meurtre de Frère Roger a semé la consternation, tout autant qu’en France où les autorités civiles et politiques multiplient les déclarations.

L’audience générale hebdomadaire de Benoît XVI s’est exceptionnellement déroulée dans la cour intérieure du palais de Castel Gandolfo, résidence d’été des papes, et non dans la salle Paul VI au Vatican. Benoît XVI est apparu au balcon du premier étage et a salué les centaines de jeunes et de fidèles qui assistaient à cette audience à la veille de son départ pour Cologne, le 18 août 2005 dans la matinée.

Le pape oublie de donner sa bénédiction

Dans une ambiance annonçant celle des JMJ, le pape, légèrement enroué mais très souriant, a salué les fidèles sous des vivats incessants. «A la veille de mon départ pour la Journée Mondiale de la Jeunesse à Cologne, je souhaite à chacun de vous d’être, à la suite des Mages, d’authentiques adorateurs de Dieu, en lui reconnaissant la première place dans votre existence et en étant des témoins ardents de son amour pour tous les hommes. Je vous invite aussi à prier pour les jeunes du monde», a déclaré le pape aux pèlerins français.

En cette veille de premier voyage pontifical, l’audience a été particulièrement courte. Le pape n’a pas salué, comme à l’accoutumée, prélats et personnes handicapées. Rentré dans son appartement à la suite de son allocution, il est revenu sur le balcon très souriant et un peu confus. «On voit que je suis déjà à Cologne. J’ai omis la chose la plus importante», s’est alors excusé le pape. Il avait oublié de donner la bénédiction finale aux fidèles présents. (apic/imedia/hy/bb)

17 août 2005 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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