Rome: Benoît XVI prône la «crainte de Dieu» pour vaincre la peur lors de l’Angélus
Prière pour les victimes du typhon Fengshen aux Philippines
Rome, 22 juin 2008 (Apic) Lors de la prière de l’Angélus, le 22 juin, Benoît XVI a prié pour les centaines de victimes du typhon Fengshen aux Philippines, dont celles disparues dans le naufrage d’un ferry quelques heures plus tôt. Devant quelques centaines de pèlerins rassemblés sous un soleil de plomb, le pape a aussi indiqué que «la crainte de Dieu» pouvait vaincre «les peurs humaines».
«J’ai appris ce matin avec une vive émotion le naufrage, dans l’archipel des Philippines, d’un ferry emporté par le typhon Fengshen», a confié le pape au cours de la prière mariale de l’Angélus, depuis la fenêtre de ses appartements. Benoît XVI a alors fait état de sa «proximité spirituelle à l’égard des populations des îles touchées par le typhon», et a souhaité adresser «une prière spéciale au Seigneur pour les victimes de cette nouvelle tragédie maritime dans laquelle il semble qu’il y ait de nombreux enfants».
Un ferry a ainsi chaviré dans la nuit du 21 au 22 juin avec plus de 700 personnes à son bord au large des Philippines balayées par le typhon Fengshen. La plupart des 626 passagers et 121 membres d’équipage étaient ensuite portés disparus. En outre, dans le centre des Philippines, un bilan fait déjà état de plus de 150 morts après le passage, le 21 juin, de ce typhon accompagné de vents de 195 km/h.
«Celui qui craint Dieu n’a pas peur»
Place Saint-Pierre, en évoquant la lecture évangélique du jour, Benoît XVI a particulièrement invité les fidèles à «réfléchir sur la différence qui existe entre les peurs humaines et la crainte de Dieu». «La peur est une dimension naturelle de la vie. Dès le plus jeune age, on fait l’expérience de formes de peur qui s’avèrent imaginaires et disparaissent ; d’autres, avec des fondements précis dans la réalité, apparaissent ensuite». «Celles-ci, a souhaité le pape, doivent être affrontées et dépassées avec l’engagement humain et la confiance en Dieu». «Mais il existe aussi, surtout aujourd’hui, une forme de peur plus profonde, de type existentielle, qui s’apparente parfois à l’angoisse», a ensuite regretté le pape avant de prévenir que «celle-ci naît d’un sens du vide lié à une certaine culture imprégnée d’un nihilisme théorique et pratique diffus». «Face à ce panorama ample et diversifié des peurs humaines», Benoît XVI a affirmé que «celui qui craint Dieu n’a pas peur».
Au cours de la prière de l’Angélus, le pape a également évoqué la béatification, le matin même à Beyrouth, du frère capucin Jacques Haddad (1875-1954), fondateur au Liban de l’ordre des franciscaines de la croix. Benoît XVI a souhaité que «l’intercession du bienheureux Abuna Yaaqub, avec celle des saints libanais, obtienne à ce pays cher et tourmenté, qui a trop souffert, de progresser enfin vers une paix stable». (apic/imedia/ami/bb)



