Pour construire la réconciliation et la paix dans le monde
Rome: Benoît XVI prône une ferme condamnation du nazisme et du communisme
Rome, 20 mai 2005 (Apic) «La condamnation commune et sincère du nazisme, comme du communisme athée, doit être pour tous un engagement à construire sur le pardon la réconciliation et la paix». C’est ce que Benoît XVI a déclaré le 19 mai à l’issue de la projection du film «Karol, un homme devenu pape». Il semble ainsi répondre aux inquiétudes exprimées face à son enrôlement dans les jeunesses hitlériennes.
Près de 4000 personnes ont visionné en présence du pape une fiction de près de trois heures sur la vie du Polonais Karol Wojtyla, de sa naissance en 1920 jusqu’à son élection comme pape en 1978. Durant la projection, dans la salle Paul VI du Vatican, l’ancien secrétaire particulier de Jean Paul II, Mgr Stanislaw Dziwisz était assis à côté de Benoît XVI.
Les images de l’horreur nazie en Pologne reconstituée dans le film «suscitent pour qui les regarde un mouvement instinctif d’horreur et le pousse à réfléchir sur les abîmes d’iniquité qui peuvent surgir de l’âme humaine», a expliqué le souverain pontife.
«L’évocation de telles aberrations ne peut pas ne pas raviver en chaque personne l’engagement de faire ce qui est en son pouvoir pour que nous n’ayons plus jamais à revivre des événements d’une telle barbarie», a déclaré le pape. Chaque fois qu’une «idéologie totalisante piétine l’homme, l’humanité entière est sérieusement menacée».
«Avec le temps, les souvenirs ne doivent pas s’effacer, ils doivent plutôt être des leçons sévères pour notre génération et celles à venir», a insisté Benoît XVI. «Nous avons le devoir de rappeler, spécialement aux jeunes, à quelle forme de violence inouïe peuvent conduire le mépris de l’homme et la violation de ses droits», a martelé le souverain pontife.
Un pape allemand a succédé à un Polonais
«Comment ne pas lire à la lumière du dessein divin providentiel le fait que, sur la chaire de Pierre, à un pape polonais ait succédé un citoyen de cette terre, l’Allemagne, où le régime nazi a pu s’affirmer avec une grande virulence, attaquant ensuite les nations voisines, parmi lesquelles en particulier la Pologne», a déclaré avec force le pape allemand élu jour pour jour il y a un mois, le 19 avril.
«Ces deux papes dans leur jeunesse – bien que sur des fronts opposés et dans des situations différentes – ont connu la barbarie de la Seconde Guerre mondiale et de la violence incessante des hommes contre les autres hommes, des peuples contre les peuples», a poursuivi Benoît XVI au lendemain du 85e anniversaire de son prédécesseur.
Le pape a alors rappelé la déclaration commune des épiscopats allemands et polonais publiée dans les derniers jours du Concile Vatican II «pardonnons et demandons pardons». «J’espère aussi que, grâce au témoignage de Jean-Paul II évoqué dans ce film, soit ravivé en tous la résolution de travailler au service d’une décisive action de paix en Europe et dans le monde», a conclu Benoît XVI.
Réponse du pape à la polémique sur son passé
Cette intervention ferme contre le nazisme semble une réponse aux voix à travers le monde et les médias qui avaient accueillies le nouveau pape allemand avec inquiétude ou, parfois même, sur un ton polémique.
Lors de son premier discours au corps diplomatique, le 12 mai dernier, le pape s’était aussi référé à sa propre expérience de citoyen allemand, contraint de s’enrôler dans les jeunesses hitlériennes comme tous les hommes de sa génération. «Je viens d’un pays où la paix et la fraternité sont chères au coeur de tous les habitants, notamment pour ceux qui, comme moi, ont connu la guerre et la séparation entre frères appartenant à une même nation, en raison d’idéologies dévastatrices et inhumaines qui, sous couvert de rêves et d’illusion, faisaient peser sur les hommes le joug de l’oppression», avait alors déclaré le pape aux ambassadeurs. «Vous comprendrez donc que je sois particulièrement sensible au dialogue entre tous les hommes, pour dépasser toutes les formes de conflits et de tensions, et pour faire de notre terre une terre de paix et de fraternité», avait-il ajouté.
Présenté en avant-première à la presse le 14 avril 2005 à l’Université Pontificale du Latran, «Karol, un homme devenu pape» a déjà été diffusé, les 18 et 19 avril sur la chaîne italienne «Canale 5». Jean Paul II avait reçu en audience le jeune acteur polonais Piotr Adamczyk qui l’incarne à l’écran. (apic/imedia/hy/bb)



