Le Saint-Siège poursuit son engagement pour la paix au Darfour
Rome: Benoît XVI reçoit l’archevêque de Khartoum
Rome, 28 novembre 2005 (Apic) Benoît XVI a assuré l’archevêque de Khartoum (Soudan), le cardinal Gabriel Zubeir Wako, que le Saint-Siège «continuerait à faire tout son possible pour mettre fin au cycle de violence et de misère» dans la région occidentale du Darfour.
«L’horreur des événements dans le Darfour, auxquels mon bien-aimé prédécesseur Jean Paul II a fait référence à de nombreuses occasions, demande une résolution internationale plus forte». Il s’agit d’»assurer la sécurité et les droits fondamentaux de l’homme», a souligné Benoît XVI dans son court discours prononcé en anglais devant l’archevêque de Khartoum, le cardinal Gabriel Zubeir Wako.
L’archevêque de Khartoum était accompagné d’une délégation d’une dizaine de personnes, parmi lesquelles plusieurs évêques. «Aujourd’hui, j’ajoute ma voix au cri de la souffrance et je vous assure que le Saint-Siège, avec le nonce apostolique à Khartoum, continuera à faire tout son possible pour mettre fin au cycle de la violence et de la misère», a affirmé le pape.
Rappelant que la fin de la guerre civile et la promulgation d’une nouvelle Constitution, malgré «des échecs» sur la voie de la réconciliation, «avaient apporté de l’espoir au peuple du Soudan qui souffre depuis longtemps», le pape a souligné «qu’il existe aujourd’hui une opportunité sans précédent et un vrai devoir pour l’Eglise de contribuer (.) au processus de réconciliation et de reconstruction nationale».
«Même minoritaires, les catholiques ont beaucoup à offrir à travers le dialogue interreligieux ainsi qu’en assurant des services sociaux très demandés», a-t-il ainsi expliqué.
Première rencontre avec l’épiscopat soudanais
Avec l’audience accordée à l’archevêque de Khartoum, le pape a eu sa première rencontre officielle avec des représentants de l’épiscopat soudanais. Jean Paul II avait reçu les représentants de la Conférence épiscopale soudanaise au terme de leur visite Ad Limina le 15 décembre 2003 et leur avait donné conseils et encouragements pour oeuvrer à la paix dans le pays. «Préoccupé» par la situation des populations du Darfour, le pape polonais y avait envoyé Mgr Paul Josef Cordes, président du Conseil pontifical Cor Unum – Conseil de la charité du pape – le 22 juillet 2004, afin de leur «manifester sa proximité et sa solidarité». A cette occasion, l’envoyé du pape avait remis à l’Eglise locale une contribution de 100’000 euros pour les secours. Le pape avait par ailleurs exprimé le souhait que les autorités soudanaises prennent en considération la voix des populations du Darfour et respectent leurs droits fondamentaux. Cet appel avait été renouvelé à plusieurs occasions.
Darfour: Les préoccupations du Saint Siège auprès de l’ONU
Le 10 mars 2005, Mgr Fortunatus Nwachukwu, conseiller de la mission permanente du Saint-Siège auprès des Nations Unies à Genève, avait demandé devant la Commission du Haut commissariat des Nations unies pour les réfugiés (ACNUR) la création d’un système fiable pour la protection des réfugiés du Darfour. Un appel repris par Mgr Celestino Migliore, Observateur permanent du Saint-Siège auprès de l’Onu, qui avait réclamé l’attention de la communauté internationale sur le sort des réfugiés, le 9 novembre 2005, devant la troisième commission de la 60e session de l’assemblée générale de l’Onu.
Le Haut Commissaire des Nations unies pour les réfugiés, le Portugais Antonio Guterres, avait en effet noté à cette occasion les mouvements migratoires ayant repris à la suite de conflits ou de violations massives des droits de l’homme, citant en exemple la région du Darfour. 200’000 personnes ont en effet trouvé refuge au Tchad voisin, tandis que plusieurs centaines de milliers d’autres ont été forcées de se déplacer à l’intérieur du pays.
21 ans de guerre civile au Soudan
Le Soudan a vécu 21 ans de guerre civile entre le nord et le sud, dont le terme aurait été mis par un accord de paix signé en janvier 2005. Il connaît par ailleurs un conflit dans la région du Darfour depuis février 2003.
Après 21 ans de guerre civile entre l’Etat, dominé par les musulmans, et les miliciens chrétiens de John Garang, au sud du pays, les parties ont fini par signer un accord de paix, le 9 janvier 2005. L’accord signé à Nairobi entre John Garang (APLS) et le vice-président Ali Osman Taha, représentant le gouvernement soudanais prévoyait un régime d’autonomie de six ans au Sud-Soudan. Période à l’issue de laquelle un référendum d’autodétermination sera organisé. En outre, le 9 juillet 2005, la nouvelle Constitution, élaborée grâce aux accords de Nairobi, a été mise en application, permettant le retour du mouvement de John Garang à Khartoum. Un gouvernement d’union nationale a été mis en place pour cette période de transition.
Cependant, le 31 juillet 2005, John Garang est mort dans l’accident de l’hélicoptère ougandais qui le transportait, dans le sud du Soudan, provoquant plusieurs jours d’émeutes entre ses partisans, croyant à un attentat, et ceux du gouvernement, défendant la thèse de l’accident résultant de problèmes techniques. Les émeutes à Karthoum, la capitale du Soudan, ont provoqué les représailles de militants nordistes, faisant alors 130 morts et plus de 350 blessés.
Par ailleurs, un conflit régional de nature économico-politique a été déclenché dans le Darfour en février 2003, opposant des groupes rebelles noirs luttant pour un meilleur partage des richesses, aux autorités de Khartoum et aux milices arabes alliées. Il aurait fait entre 180 000 et 300 000 morts et a entraîné un exode massif de réfugiés vers le Tchad. (apic/imedia/ar/vb)



