L’absolution de Rome attendue dans les jours à venir

Rome: Benoît XVI s’apprête à lever l’excommunication des évêques lefebvristes

Rome, 22 janvier 2009 (Apic) Le pape Benoît XVI s’apprête à lever l’excommunication des évêques lefebvristes. Les réactions dans le monde ne devraient pas tarder dans le monde, si la nouvelle devait se vérifier. Quelles implications, avec quel compromis d’un côté comme de l’autre. Certains pourraient bien voir dans ce rapprochement une remise en question des acquis de Vatican II

Ainsi, Benoît XVI aurait décidé de lever l’excommunication des 4 évêques dont l’ordination par Mgr Marcel Lefebvre, le 30 juin 1988, est à l’origine du schisme entre Rome et la Fraternité sacerdotale Saint-Pie X, ont indiqué les quotidiens italiens Il Giornale et Il Riformista le 22 janvier 2009. Ce décret pourrait être rendu public «dans les prochains jours», a précisé la presse, peut-être le 24 janvier, même si le Saint-Siège n’a pas encore souhaité confirmer l’information. Ni l’infirmer.

Le décret levant l’excommunication des évêques ordonnés à Ecône (Suisse) – le Suisse Bernard Fellay, le Français Bernard Tissier de Mallerais, l’Anglais Richard Williamson et l’Espagnol Alfonso de Galarreta – aurait donc été récemment rédigé et signé, à la demande du pape, par le président du Conseil pontifical pour les textes législatifs, Mgr Francesco Coccopalmerio.

Après la levée des excommunications, les 4 évêques ordonnés illicitement le 30 juin 1988 seront réintégrés au sein de l’Eglise catholique. Se posera alors la question du statut juridique de la Fraternité Saint-Pie X qui pourrait être érigée en prélature personnelle du pape. Cette dernière ne serait rattachée à aucun territoire, comme celle, unique à ce jour, de l’Opus Dei.

La presse n’a pas précisé quelles étaient les conditions posées de part et d’autre pour la réintégration des 4 évêques, cependant, en juin 2008, presque un an après la publication par Benoît XVI du Motu Proprio Summorum Pontificum (7 juillet 2007) libéralisant l’usage de la messe tridentine, le Vatican avait tendu la main aux membres de la Fraternité sacerdotale Saint-Pie X en leur proposant de revenir dans le giron de l’Eglise. Cette dernière avait elle aussi posé des exigences.

Le dossier du cardinal Hoyos

Le cardinal Dario Castrillon Hoyos, président de la Commission ’Ecclesia Dei’, en charge du dossier des Lefebvristes, avait ainsi écrit à Mgr Bernard Fellay, supérieur de la Fraternité Saint-Pie X, posant alors 5 conditions en vue de la pleine réintégration de la communauté schismatique. Il avait particulièrement demandé aux évêques «d’éviter toute intervention publique qui ne respecte pas la personne du Saint-Père et qui serait négative pour la charité ecclésiale», mais aussi «d’éviter la prétention d’un magistère supérieur au Saint-Père et ne pas proposer la Fraternité en contraposition à l’Eglise».

Sans que soient remis en question le Concile Vatican II (1962-1965) ou la validité de la messe célébrée selon la liturgie rénovée après le Concile, avait alors précisé le Saint-Siège, il n’était pas explicitement demandé aux évêques intégristes de reconnaître le dernier concile et la validité de la messe selon le rite désormais ordinaire de l’Eglise. Rome avait alors présenté ce geste comme une proposition de «retour dans la communion».

Le 30 juin 1988, Mgr Marcel Lefebvre, alors supérieur de la Fraternité sacerdotale Saint-Pie X, avait ordonné illégalement quatre évêques à Ecône (Suisse), dont l’actuel supérieur, Mgr Bernard Fellay. Il avait au préalable reçu de nombreux avertissements, en particulier de celui qui était alors le préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi, le cardinal Joseph Ratzinger.

Le lendemain, il y a un peu plus de 20 ans, un décret signé par le cardinal Barnard Gantin, alors préfet de la Congrégation pour les évêques, constatait l’excommunication latae sententiae de Mgr Lefebvre, de l’évêque co-consécrateur Mgr Antonio de Castro Mayer, et des 4 évêques ordonnés illicitement. Mgr Lefebvre et Mgr de Castro Mayer sont tous les deux décédés en 1991. Le 2 juillet 1988, Jean Paul II publiait son Motu proprio Ecclesia Dei adflicta.

A Ecône, dans le Valais suisse, aucune réaction n’a pour l’heure été enregistrée après cette possible absolution de Rome. (apic/imedia/ami/pr)

22 janvier 2009 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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