Rome: Benoît XVI s’est adressé à la curie romaine
«Le pape n’est pas une star de rock»
Rome, 22 décembre 2008 (Apic) Le pape n’est pas une star de rock, a soutenu Benoît XVI devant la curie romaine. Les forêts tropicales méritent notre protection, a lancé le pape, mais l’homme en tant que créature ne la mérite pas moins. Benoît XVI prônant par là l’»écologie de l’homme».
Lors de la traditionnelle cérémonie de présentation des voeux à la curie romaine, le 22 décembre, Benoît XVI est revenu entre autres sur les Journées mondiales de la jeunesse (JMJ) d’août 2008 en Australie et a tenu à préciser que le pape n’était pas une «star» de «festival rock», mais bien celui qui mène au Christ.
Le pape a également mis en garde l’être humain contre «sa propre destruction» s’il faisait abstraction de sa nature «en tant qu’homme et femme». «Les forêts tropicales méritent notre protection, a lancé le pape, mais l’homme en tant que créature ne la mérite pas moins».
Benoît XVI anti-rock star
Devant les cardinaux et membres de la curie romaine, le pape est ainsi longuement revenu sur le sens des Journées mondiales de la jeunesse créées par son prédécesseur Jean Paul II. «Des analyses à la mode tendent à présenter ces journées comme une variante de la culture moderne des jeunes, comme une espèce de festival rock à la mode ecclésiale avec le pape comme star», a relevé Benoît XVI. «Ainsi, a-t-il expliqué, avec ou sans la foi, ces festivals seraient au fond la même chose et l’on imagine ainsi pouvoir retirer la question de Dieu».
Le pape a alors regretté que «même des catholiques» aillent en ce sens en voyant dans les JMJ «un grand spectacle, même beau, mais qui a peu de sens pour la question de la foi et la présence de l’Evangile à notre époque». Selon certains, a continué Benoît XVI, «il s’agirait de moments d’extase festive» mais qui, au final, «laisseraient ensuite tout comme avant, sans influencer la vie de façon plus profonde».
Au contraire, le pape a présenté les JMJ comme «le terme d’un long chemin par lequel on se rend à la rencontre les uns des autres et, ensemble, à la rencontre du Christ» et de «la croix». «Le pape n’est pas la star autour de laquelle tout tourne», a alors expliqué Benoît XVI. Le pape, a-t-il encore souligné, «est totalement et seulement le Vicaire», «il renvoie à l’Autre qui est au milieu de nous», à «ce Dieu qui nous aime jusqu’à la croix».
Les Journées mondiales de la jeunesse ont été initiées en 1985 par Jean Paul II, un pape plusieurs fois qualifié de «superstar» pour son succès auprès des jeunes et des foules.
L’écologie de l’homme
Au cours de son discours à la curie romaine, le pape a également souligné «la responsabilité» de l’Eglise qui «ne doit pas se limiter à transmettre seulement à ses fidèles son message de Salut» et a ainsi justifié ses prises de positions publiques. L’Eglise, a-il commenté, «doit défendre non seulement la terre, l’eau et l’air qui sont des dons de la création qui appartiennent à tous», mais «elle doit aussi protéger l’homme contre sa propre destruction».
Le pape, qui a encouragé une certaine «écologie de l’homme», a mis en garde contre «l’autodestruction de l’homme» si «la nature de l’être humain en tant qu’homme et femme» n’est pas respectée. Il a critiqué alors la théorie du «gender» selon laquelle l’être humain n’est pas déterminé par son sexe et dans laquelle il a vu «l’auto-émancipation de l’homme de la création et du créateur».
Benoît XVI, devant les responsables de la curie romaine, a par ailleurs évoqué le Synode des évêques consacré à la Parole de Dieu en octobre dernier et l’année dédiée à l’apôtre Paul. «Saint Paul n’est pas une figure du passé», a entre autres affirmé le pape. Le message des «écrits bibliques», a également soutenu Benoît XVI, «ne demeure pas dans le passé et ne peux pas y être enfermé». (apic/imedia/ami/pr)



