Rome: Benoît XVI s’est rendu à l’ambassade d’Italie près le Saint-Siège
La séparation Eglise-Etat: «un progrès de l’humanité»
Rome, 14 décembre 2008 (Apic) La séparation Eglise-Etat est «un progrès de l’humanité», a estimé samedi le pape Benoît XVI lors de sa visite à l’ambassade d’Italie près le Saint-Siège.
Le pape, qui se rendait pour la première fois au palais Borromeo, au nord de Rome, s’est également réjoui du «rapport fructueux» entre l’Italie et le Saint-Siège particulièrement nécessaire dans un contexte mondial de «conflits» et de «tensions».
Dans la salle de réception de l’ambassade d’Italie, devant les membres du gouvernement italien et quelques diplomates, Benoît XVI a ainsi pris la parole au terme de l’interprétation d’une oeuvre de Mozart par un quatuor à cordes.
Evoquant la prochaine célébration du 80e anniversaire des Accords du Latran, signés en février 1929, le pape a souligné que «non seulement l’Eglise reconnaît et respecte la séparation et l’autonomie» entre l’Eglise et l’Etat, mais elle se réjouit de ce «grand progrès de l’humanité» et de cette «condition fondamentale pour sa propre liberté et l’accomplissement de sa mission universelle de salut pour tous les peuples».
En même temps, a souligné Benoît XVI, «l’Eglise se sent le devoir, suivant les lois de sa propre doctrine sociale, (…) de réveiller dans les sociétés les forces morales et spirituelles, en contribuant à ouvrir les volontés aux exigences réelles du bien».
«C’est pourquoi, en rappelant la valeur de certains principes éthiques fondamentaux pour la vie privée mais aussi et surtout publique, l’Eglise contribue de fait à garantir et à promouvoir la dignité de la personne et le bien commun de la société», a expliqué le pape. «En ce sens, a-t-il ajouté, la véritable coopération espérée entre l’Etat et l’Eglise se réalise».
Benoît XVI a ensuite évoqué le «rapport fructueux» entre le Saint-Siège et l’Italie. «Cette entente est plus importante et significative que jamais dans la situation mondiale actuelle où la persistance de conflits et de tensions entre les peuples rend toujours plus nécessaire une collaboration entre tous ceux qui partagent les mêmes idéaux de justice, de solidarité et de paix». Quelques minutes auparavant, le ministre italien des Affaires étrangères, Franco Frattini, avait souligné le rôle de l’Italie dans la protection des minorités chrétiennes, plus particulièrement les victimes des persécutions en Inde.
Sur les pas de saint Charles Borromée
Le pape était arrivé à 11h au palais Borromeo où il a été accueilli par l’ambassadeur d’Italie près le Saint-Siège, Antonio Zanardi Landi, par le ministre italien des Affaires étrangères, Franco Frattini, et par le sous-secrétaire à la présidence du Conseil, Gianni Letta. Il s’est ensuite rendu dans la chapelle récemment restaurée consacrée à saint Charles Borromée (1538-1584), qui a vécu dans ce palais, pour se recueillir quelques instants et s’adresser au personnel de l’ambassade.
Avant de rejoindre le salon de l’ambassade pour y prononcer son discours, Benoît XVI s’est longuement attardé devant une sculpture en bois représentant le Christ en croix mais dépourvue de gibet, attribuée à Michel-Ange (1475-1564) et récemment acquise par l’Etat italien. Selon le directeur des Musées du Vatican, Antonio Paolucci, présent à cette occasion, il s’agirait d’une oeuvre de jeunesse de l’artiste toscan.
Quelques minutes plus tard, à l’issue de son discours, Benoît XVI a salué de nombreuses personnalités politiques de la péninsule, dont le sénateur à vie Giulio Andreotti, figure importante de la Démocratie chrétienne en Italie. Avant de quitter le salon, le pape a également félicité les quatre musiciens.
Après avoir pris le thé avec les membres du gouvernement italien, Benoît XVI a quitté l’ambassade d’Italie au terme d’une visite d’environ une heure.
Benoît XVI est le quatrième pape à s’être rendu au palais Borromeo, après Pie XII en 1951, Paul VI en 1964 et Jean Paul II en 1986. Il a en outre déjà été reçu à deux reprises au palais du Quirinal, siège de la présidence de la République italienne à Rome, le 24 juin 2005 et le 4 octobre 2008. (apic/imedia/cp/pr)



