Demande aux évêques de ne pas tenir d’engagements politiques

Rome : Benoît XVI souhaite le ’changement’ et la ’réconciliation’ en Haïti

Rome, 13 mars 2008 (Apic) Benoît XVI souhaite l’avènement du «changement» et de la «réconciliation» en Haïti. Il l’a déclaré en recevant en audience les évêques du pays en visite Ad limina, le 13 mars. Le pape a aussi rappelé aux prélats leur devoir d’éviter que les prêtres fassent de la politique.

Devant les évêques haïtiens, le pape a prié Dieu «de mettre au coeur de tous les Haïtiens, notamment des personnes qui ont une responsabilité sociale, le courage de promouvoir le changement et la réconciliation. Afin que tous les habitants du pays aient des conditions de vie dignes et qu’ils bénéficient des biens de la terre, dans une solidarité toujours plus grande». En Haïti, 80% de la population vit au-dessous du seuil de pauvreté.

Evoquant les «soucis» des prélats d’Haïti, Benoît XVI a aussi parlé de «la situation de la structure familiale, rendue instable en raison de la crise que traverse le pays, mais aussi de l’évolution des moeurs et de la perte progressive du sens du mariage, mettant sur le même plan d’autres formes d’union». Enfin, le pape a demandé aux évêques d’aider leurs prêtres à «exercer un ministère fécond, les invitant aussi à s’abstenir d’engagements politiques».

Ces propos du pape ont un écho particulier en Haïti. En effet, Jean-Bertrand Aristide, qui fut plusieurs fois président du pays, est un ancien prêtre et religieux salésien. Par ailleurs, en septembre 2005, un prêtre, le père Gérard Jean-Juste, avait été suspendu de ses fonctions sacerdotales suite à sa décision de se présenter à l’élection présidentielle.

Le droit canonique interdit aux prêtres d’exercer des pouvoirs civils et de s’engager dans des partis politiques, à moins que «la défense des biens de l’Eglise ou à la promotion du bien commun ne le requièrent» (canons 285 et 287).

Pays extrêmement pauvre, Haïti est marqué par une très grande insécurité. Les actes de violences quotidiens touchent plus particulièrement la capitale, Port-au-Prince, où des bandes armées peuvent opérer avec une grande liberté. La population y est catholique à 80 %. L’île compte aussi quelque 16 % de protestants. (apic/imedia/ami/vb)

13 mars 2008 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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