Les structures ne doivent pas se substituer à l’Eglise
Rome: Benoît XVI va certainement réformer la curie, selon le cardinal Saraiva Martins
Rome, 3 juillet 2005 (Apic) Benoît XVI va certainement réformer la curie, a déclaré le cardinal José Saraiva Martins. Interrogé par des journalistes, à l’issue d’une conférence de présentation, vendredi à Rome, de l’ouvrage «Le Dictionnaire du pape Ratzinger», de Marco Tosatti. Le préfet de la Congrégation pour la cause des saints n’a en outre pas écarté l’éventualité d’une révision ultérieure des normes juridiques pour les béatifications.
Au cours de son allocution sur le livre du vaticaniste italien Marco Tosatti, le cardinal Saraiva Martins est revenu sur la pensée du cardinal Joseph Ratzinger, citant quelques uns de ses textes écrits lorsqu’il était préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi. Il a notamment évoqué son discours à Rimini, en Italie, le 1er septembre 1990.
Le théologien allemand avait alors expliqué que les structures ne devaient pas «se substituer à l’Eglise», cette réflexion pouvant aussi s’étendre à la curie romaine. Il s’était alors interrogé sur la nécessité de tous ses dicastères, évoquant les deux réformes qu’avait connues la curie depuis le Concile Vatican II (Paul VI en 1967, puis Jean Paul II en 1988) et n’excluant pas de ce fait une troisième.
Interrogé sur une éventuelle modification de la curie par Benoît XVI, le cardinal Saraiva Martins a répondu: «le pape peut la faire et la fera probablement (.), parce qu’il en a parlé en tant que cardinal, ce qui signifie qu’il en a l’idée». Naturellement, réformer la curie ne signifie pas la bouleverser, a toutefois précisé le cardinal. Parce qu’avec sa structure actuelle, «elle correspond encore au temps d’aujourd’hui». Une réforme devra être faite avec beaucoup de discrétion et très prudemment, a- t-il ajouté, tout en admettant que «cela dépend du pape et seulement de lui».
2200 causes de saints et de bienheureux en attente d’être étudiées
A la question de savoir si son dicastère allait avoir autant de travail que sous le pontificat de Jean Paul II, pape des records pour son nombre de canonisations et de béatifications, le préfet de la Congrégation pour la cause des saints a répondu qu’actuellement, 2200 causes sont en attente d’être étudiées. Parmi elles, 400 causes, dont les «positios» ont été réalisées, sont déjà prêtes à être discutées par les différents organes collégiaux.
«Dites-moi si à la lumière de cela, mon dicastère continuera à avoir du travail ! Il continuera comme avant», s’est exclamé le cardinal. «Le fait que le pape ne préside plus les béatifications, ne diminue pas le travail du dicastère; d’une certaine façon il l’augmente», a-t-il ajouté, parce que c’est au préfet qu’il revient de les présider.
Le cardinal a précisé qu’une commission étudie les normes actuellement en préparation pour la modification des cérémonies de béatifications. Il a aussi souligné que ces nouvelles normes se référaient non pas au processus de béatification, mais à la façon de les conclure, c’est-à-dire à la célébration liturgique de béatification ou de canonisation. Avant, le pape présidait les béatifications et les canonisations. Désormais, il ne présidera plus les béatifications, sauf s’il le désire. S’il s’agit par exemple «de l’un de ses prédécesseurs ou d’un bienheureux allemand», il pourra vouloir le faire», a ainsi relevé le cardinal portugais.
S’il n’est pour le moment pas prévu que la procédure de béatification soit elle-même réformée, il est prévisible qu’il y ait une révision, a déclaré le cardinal Saraiva Martins. Il ne sait sais pas quand, «mais dans le futur tout peut changer».
Les normes juridiques actuelles on été approuvées par Jean Paul II en 1983, mais «doivent suivre la vie», or la vie change, a-t-il expliqué, et de temps en temps, il faut adapter et rendre adéquates les normes juridiques. L’Eglise les a toujours mises à jour, a-t-il encore souligné.
Béatification de Jean Paul II: elle dépend de la durée de la phase diocésaine
Concernant la durée du processus de béatification de Jean Paul II, le préfet de la Congrégation pour la cause des saints a déclaré que cela dépendrait de la durée de la phase diocésaine, dans laquelle se trouve actuellement le procès et sur laquelle «notre dicastère n’a aucune compétence juridique». «Cela dépend du vicariat de Rome» et du temps qu’il mettra à recueillir toute la documentation sur la vie, la sainteté, les vertus héroïques et les miracles de Jean Paul II, s’il y en a.
Car si pour le moment, Benoît XVI a dispensé du temps requis pour commencer la cause, «les fameux cinq ans après la mort», il n’a pas dispensé du procès même, qui comprend deux phases successives. C’est seulement une fois la documentation rassemblée au vicariat de Rome, que la phase concernant le Saint-Siège pourra commencer, et que «mon dicastère pourra planifier», a souligné le cardinal portugais.
Une béatification qui peut prendre cinq ou dix ans
En attendant, la Congrégation pour la cause des saints «fait tout ce qu’elle peut et doit dans ses compétences juridiques», comme l’émission du décret pour l’ouverture de la cause de béatification requis dès le 13 mai dernier, quand Benoît XVI a annoncé la suspension pour Jean Paul II des cinq années habituellement nécessaires après la mort du serviteur de Dieu pour l’ouverture du procès de béatification, a ajouté le cardinal apprécié de Jean Paul II. En effet, à l’image du cardinal Ruini, «tous» espèrent la rapidité du procès.
Mais «cette rapidité peut se traduire en cinq, dix ans, en je ne sais combien d’années», a expliqué le cardinal. Sauf si le pape en décide autrement, ce qu’il peut faire. Auquel cas «nous lui saurions tous gré. Ce serait un motif de joie pour tous», a conclu le préfet de la Congrégation pour la cause des saints. (apic/imedia/ar/be)




