Amélioration des relations entre le Saint-Siège et la Chine
Rome: Bilan d’une tournée de 10 jours dans le sud-est asiatique de Mgr Lajolo
Rome, 22 juin 2005 (Apic) Le secrétaire du Saint-Siège pour les rapports avec les Etats, Mgr Giovanni Lajolo, est rentré le 22 juin 2005 d’une tournée de 10 jours dans le sud-est asiatique, à indiqué le mercredi le directeur de la Salle de presse du Saint-Siège, Joaquin Navarro-Valls. Mgr Lajolo a évoqué l’amélioration des relations entre le Saint-Siège et la Chine.
Au cours de son voyage, Mgr Lajolo a visité la Thaïlande, la Malaisie, Singapour et le Brunei. Il y a rencontré ses homologues en charge des Affaires étrangères et a visité les populations touchées par le raz-de- marée du 26 décembre dernier.
Mgr Giovanni Lajolo, secrétaire pour les rapports avec les Etats, était accompagné du représentant pontifical auprès de ces pays Mgr Salvatore Pennacchio, du conseiller auprès de la Secrétairerie d’Etat Mgr Luis Mariano Montemayor, du conseiller de la nonciature à Bangkok Mgr Brian Udaigwe, et du secrétaire John John Kallarackal.
Joaquin Navarro-Valls a souligné que Mgr Lajolo «a rencontré les évêques des Conférences épiscopales de Thaïlande, l’archevêque de Kuala Lumpur, l’archevêque de Singapour et le vicaire apostolique de Brunei».
Mgr Lajolo a aussi eu des réunions avec les ministres des Affaires étrangères de Singapour, George Yong-Boon Yeo, et du Brunei, le prince vice- sultan Haji Mohamed Bolkiah. Il a par ailleurs été reçu par le vice- ministre des Affaires étrangères de Malaisie, Datuk Joseph Salang, et par le conseiller pour les Affaires étrangères de la Thaïlande, l’ambassadeur Pracha Guna-Kasem.
«Mgr Lajolo a exprimé aux gouvernements respectifs la gratitude du Saint-Siège pour l’envoi de messages de condoléances et de délégations aux funérailles du pape Jean Paul II et à l’inauguration du pontificat de Benoît XVI», les 8 et 24 avril derniers. «Les divers aspects de la présence et de la vie de l’Eglise catholique dans ces nations ont été évoqués au cours des rencontres avec les chefs de la diplomatie», a continué Joaquin Navarro-Valls. «En particulier, on a parlé de la situation des rapports bilatéraux et de divers thèmes de politique internationale avec une référence spéciale aux régions du sud-est asiatique».
A propos de la Chine
Le porte-parole du Saint-Siège a ajouté que «dimanche 12 juin, Mgr Lajolo s’est rendu à l’île de Phuket, en Thaïlande, dans la paroisse de Notre-Dame de l’Assomption, où il a célébré une messe en souvenir des victimes du raz de marée qui a dévasté la région le 26 décembre 2004, et a inauguré dans le village de Tha Chu, une série de petites maisons construites par l’Eglise catholique pour les familles de pêcheurs touchées par le raz de marée».
Vendredi 17 juin, dans la ville de Singapour, le secrétaire pour les rapports avec les Etats a participé à l’inauguration de l’exposition «Voyage de la foi: art et histoire des collections vaticanes», organisé par les Musées du Vatican et le Musée des civilisations asiatiques, tenant une conférence sur la nature et les défis de la diplomatie pontificale à l’invitation de «l’Institut d’études du sud-est asiatique», a aussi souligné Joaquin Navarro-Valls.
Par ailleurs, au cours de cette visite et à l’occasion d’une table ronde à Singapour, Mgr Lajolo avait évoqué l’amélioration des «relations entre le Saint-Siège et la République populaire Chine». C’est ce qu’a rapporté Radio Vatican en langue allemande le 17 juin 2005. «Le Vatican est prêt à reprendre les relations diplomatiques avec la Chine, si Pékin garantit toutefois la liberté de culte». «Il y a naturellement des difficultés, mais celles-ci ne sont pas insurmontables», avait ajouté Mgr Lajolo.
Il semblerait que depuis son élection, Benoît XVI cherche à renouer les liens diplomatiques rompus avec la Chine depuis 1951. Après une éclipse de près de quatre ans, suite à la béatification de 120 martyrs chinois par Jean Paul II en 2001, les relations sino-vaticanes pourraient reprendre.
La Chine avait félicité Benoît XVI pour son élection
Après la mort de Jean Paul II, Benoît XVI s’était réjoui des messages de condoléances transmis par la République populaire. Si la Chine n’a pas envoyé de délégation pour les obsèques le 8 avril 2005, contrairement à Taiwan, elle avait chaleureusement félicité le cardinal Ratzinger de son élection en tant que pape le 19 avril 2005. Pékin avait alors souhaité que Benoît XVI puisse «créer des conditions favorables pour améliorer les relations entre la Chine et le Vatican». Près d’un mois plus tard, les autorités chinoises réaffirmaient leur volonté «sincère» de renouer leurs relations avec le Saint-Siège.
A l’heure actuelle, Pékin se dit près à étudier la reprise de relations diplomatiques à deux conditions : la fermeture de la nonciature de Taiwan et la garantie que le pape n’intervienne pas, «au nom de la religion», dans les affaires intérieures de la Chine.
Le Vatican reste cependant intransigeant sur la question de la liberté religieuse. Depuis plusieurs mois, le Saint-Siège dénonce régulièrement les arrestations arbitraires de prêtres catholiques par les autorités chinoises. Quelques heures avant le décès de Jean-Paul II, le 2 avril 2005, le porte-parole du Saint-Siège, Joaquin Navarro-Valls, condamnait encore officiellement l’arrestation de plusieurs religieux. (apic/imedia/ms/pr)



