Rome: Bilan de la visite du pape au Liban lors de l’audience générale du mercredi
Rome, 14 mai 1997 (APIC) Trois jours après son voyage au Liban, le pape Jean-Paul II a tiré un bilan de sa première visite dans un pays du Proche Orient, au cours de l’audience générale du mercredi. Un bilan dans lequel deux mots tiennent la corde: la réconciliation et l’ouverture.
Le résumé de cette visite libanaise tient en trois points. Le premier est la présentation, à l’Eglise du Liban, d’une «grande charte» représentée par l’exhortation apostolique post-synodale, fruit des travaux du Synode consacré à ce pays en 1995 à Rome. Si le pape a voulu signer ce document devant les jeunes rassemblés à Harissa, samedi soir 10 mai, a-t-il expliqué, c’est parce qu’il désirait mettre en relief le fait que «la réalisation des devoirs indiqués par le Synode des évêques dépendra dans une large mesure des jeunes».
Le second aspect notable de cette visite tient au fait que ce pays est «un pays biblique». Or, a-t-il fait remarquer, le Christ a foulé le sol actuel du Liban entre Tyr et Sidon. Pour Jean Paul II, le pays reste profondément marqué par le christianisme. D’où les deux vocations du Liban: l’ouverture universelle et l’oecuménisme». Une ouverture qui dépasse le christianisme, a-t-il poursuivi: «Tous savent comment les musulmans libanais vivent depuis des siècles en profonde harmonie avec les chrétiens»
Dernier aspect de cette visite pastorale: «Soutenir l’engagement d’une telle convivialité en priant en même temps pour la paix». Revenant sur les années de guerre vécues par le Liban, le pape a noté qu’il s’est agi «d’une guerre entre frères libanais sur laquelle avaient pesé de façon décisive des forces et des influences extérieures». Le temps de réconciliation et de reconstruction engagé depuis est aux yeux de Jean Paul II «extrêmement important» dans la mesure où il dépasse les frontières du Liban pour toucher «la prospective plus générale du Proche Orient».
Pour le pape, la paix est en quelque sorte la mission fondamentale du Liban. Pour cela, ce pays a «le droit d’être soutenu par ceux qui peuvent avoir de l’influence sur la paix de son territoire», a-t-il estimé. Avant de lancer un nouvel appel «à toute la région du Moyen-Orient et à tous les pays de la communauté internationale» pour qu’ils assurent des garanties effectives pour la paix dans ce pays. Jean-Paul II a enfin insisté sur la nécessité d’éloigner le fondamentalisme. «Le fondamentalisme est étranger à l’esprit du Liban». Et de souligner que c’est ce qui le distingue des autres pays où la vie sociale et politique est fortement conditionnée par les extrémismes qui se réfèrent souvent injustement à la religion. «Le Liban est une société ouverte». (apic/imed/pr)