Le pape prêt à poursuivre sa mission au même rythme
Rome: Bilan du jubilé par Jean Paul II dans ses vœux à la Curie romaine
Rome, 21 décembre 2000 (APIC) S’adressant à l’ensemble de la Curie romaine, le 21 décembre, Jean Paul II a dressé un premier bilan de l’année jubilaire, prémices de la lettre d’une soixantaine de pages qu’il devrait publier pour la clôture de l’année sainte le 6 janvier prochain.
Si la porte sainte de la basilique Saint-Pierre se fermera dans quelques jours, «la porte vivante qui est le Christ lui-même reste grande ouverte», a dit Jean Paul II, heureux du «très grand nombre de pèlerins» venus à Rome pendant l’année. Les situations de l’humanité les plus variées» se sont succédées sur la Place Saint-Pierre. Le «mot d’ordre» pour l’Eglise qui entre dans le troisième millénaire reste la certitude que «le Père a envoyé son Fils Sauveur du monde», a-t-il affirmé.
Les Eglises mobilisées pour le grand jubilé
Jean Paul II semble prêt à continuer son ministère sur le même rythme, même s’il reconnaît que l’année 2000 a mobilisé «beaucoup d’énergies», dans l’Eglise universelle et dans les Eglises particulières. «L’année jubilaire a été pour moi aussi un moment où j’ai perçu plus fortement la présence du Christ», a-t-il déclaré aux membres de la Curie. Le pape a affirmé «faire l’expérience tous les jours» que son ministère «ne se fonde pas sur les capacités et sur les forces humaines». Le secret de cet élan intarissable est le Christ lui-même». Les membres de la Curie ont donc été invités à être «disponibles et prêts» pour la poursuite du travail après la clôture du jubilé, en évitant tout «carriérisme» et «esprit de compétition». «La Curie, a insisté Jean Paul II, doit être un lieu où l’on respire la sainteté».
Le pape a ensuite attiré l’attention sur la Terre Sainte pour déplorer la «violence» qui règne dans une région «malheureusement si déchirée». Il souhaite donc que l’on trouve «des solutions adéquates pour une paix juste et durable».
Objectif: l’unité pleine des chrétiens
Jean Paul II a par ailleurs invité les chrétiens à poursuivre les efforts en vue de leur unité, en dépit des difficultés rencontrées dans le dialogue œcuménique. «Nous devons croire que l’objectif de la pleine unité de tous les chrétiens est réellement possible, avec la force du Christ qui nous soutient». Pour le pape, la prière pour l’unité et le dialogue théologique doivent s’ouvrir à «des aspects inédits de l’engagement chrétien», et «découvrir des visages nouveaux de sainteté». «Il faut «reconnaître l’action de l’Esprit-Saint qui est à l’œuvre en nos frères» et pousse «la chrétienté toute entière vers la pleine communion», a-t-il souligné.
La cérémonie œcuménique d’ouverture de la porte sainte de la basilique de Saint-Paul-hors-les murs le 18 janvier 2000 restera pour Jean Paul II «une magnifique icône de l’année jubilaire». Il avait en effet alors poussé les battants de la porte avec le métropolite Athanasios – du patriarchat de Constantinople – et le primat anglican George Carey, qui s’étant joints à lui dans un geste spontané.
A propos du dialogue interreligieux Jean Paul II a évoqué la déclaration «Dominus Iesus» publiée le 5 septembre 2000 par la Congrégation pour la Doctrine de la Foi. Pour le pape, ce document a rappelé que le dialogue interreligieux «ne remettait pas en question» la que le Christ est «l’unique Sauveur du monde». Ce dialogue repose toutefois sur le principe que l’on peut percevoir dans les autres cultures et religions les «semences de lumières répandues par l’Esprit», a-t-il expliqué, et permet de «cultiver» ces semences en «grandissant ensemble, et avec les croyants des autres religions, dans l’amour de Dieu, dans le service de l’humanité».
Aider les pays les plus pauvres
Jean Paul II a conclu son bilan en invitant à poursuivre les efforts pour aider les pays les plus pauvres. Pour le pape, «c’est seulement dans le contexte d’un engagement inspiré par une solidarité globale que l’on peut remédier aux risques d’une économie mondiale sans règle pour défendre des plus faibles». Il faut poursuivre les efforts en faveur de la réduction de la dette internationale des pays pauvres, a insisté Jean Paul II qui estime que beaucoup reste à faire dans ce domaine, même si de nombreux parlements ont commencé à s’y engager. Le pape a par ailleurs encouragé les responsables des nations qui ont répondu positivement à sa demande de gestes de clémence en faveur des détenus à concrétiser leur intention. «La charité, a-t-il conclu plus largement, reste la grande consigne pour le chemin qui nous attend».
Italie: Le cardinal Martini sacré «Européen de l’année»
Rome, 21 décembre 2000 (APIC) Le cardinal milanais Carlo Maria Martini, âgé de 73 ans, a été sacré “Européen de l’année” par les rédacteurs de 15 revues européennes. Le quotidien romain “Avvenire” a rapporté jeudi que le primat catholique avait été couronné à Paris lors de la réunion annuelle du Jury, présidé par l’ancien président de la Commission européenne, Jacques Delors. Parmi les membres du Jury, citons l’hebdomadaire catholique français > et le magazine italien «Famiglia Christiana». Les précédents récipiendaires du prix de l’»Européen de l’Année» ont été Romano Prodi, Helmut Kohl et Mary Robinson. (apic/kna/mjp)



