Nouvelles accusations de prosélytisme du patriarche de Moscou

Rome: Bilan positif du cardinal Kasper sur la rencontre du pape avec Christodoulos

Rome, 15 décembre 2006 (Apic) Le cardinal Walter Kasper a fait un bilan très positif de la rencontre entre Benoît XVI et l’archevêque d’Athènes Christodoulos, le 14 décembre. Il a estimé qu’elle influencerait les autres Eglises orthodoxes dans leur rapport avec l’Eglise catholique. Il a cependant regretté les récentes accusations du patriarche de Moscou Alexis II, qui reproche aux catholiques leur prosélytisme en Russie.

Cette visite a été «brève mais très intense». «Nous sommes convaincus que c’était une nouvelle étape très importante», a ainsi déclaré le cardinal Kasper, président du Conseil pour la promotion de l’unité des chrétiens, au sujet de la rencontre entre le pape et Christodoulos, le matin même. «Parce que cette Eglise grecque a une grande influence sur toutes les autres Eglises orthodoxes», par le nombre de ses fidèles, a-t-il expliqué à la presse. Pour le cardinal allemand, il est «important» d’avoir eu ce contact avec cette Eglise, juste après la visite du pape au patriarcat de Constantinople. Il a qualifié ces étapes «d’importantes pour l’oecuménisme avec les Eglises orthodoxes».

«Cette visite a permis une connaissance personnelle, ce qui est essentiel», a renchéri le président du Conseil pour la promotion de l’unité des chrétiens, et «nous avons aussi dit que nous voulions intensifier notre collaboration concrète, surtout au niveau de l’Europe, en faveur des valeurs chrétiennes». Ainsi, pour lui, l’élément le plus important de la Déclaration commune signée par Benoît XVI et Christodoulos «est la volonté commune d’avancer dans le dialogue oecuménique, théologique, et aussi la collaboration sur les questions pratiques en Europe».

Concernant le déjeuner en privé entre l’archevêque d’Athènes et le souverain pontife, le cardinal Kasper a confié que l’atmosphère avait été «très détendue, avec des plaisanteries».

Christodoulos est devenu plus ouvert

Interrogé sur les raisons du changement d’attitude de l’Eglise orthodoxe grecque, l’une des plus hostiles à Rome jusqu’en 2001, le cardinal a expliqué que l’archevêque d’Athènes «avait changé» et que Christodoulos était «plus ouvert». Il voit la nécessité d’une «collaboration des chrétiens», face au sécularisme et au défi de l’Islam. Le cardinal a également parlé de «la nouvelle génération» davantage tournée vers l’Europe. «Certains préjudices du passé s’évanouissent de cette façon».

Il a aussi mentionné les théologiens «qui proposent une théologie, une ecclésiologie approfondie, cela donne la possibilité de faire de nouvelles avancées». Néanmoins, la visite de Christodoulos ne s’est pas réalisée si facilement. «Il voulait venir l’an dernier. Il n’a pas pu parce que le Synode ne voulait pas», a-t-il confié.

Si la rencontre entre Benoît XVI et Christodoulos est une nouvelle avancée du réchauffement des relations entre catholiques et orthodoxes, le cardinal Kasper a cependant affirmé que le Saint-Siège ne préparait pas actuellement une visite d’Alexis II à Rome ni une visite du pape à Moscou. «Nous sommes en dialogue avec Moscou, mais il y a encore des problèmes», a-t-il souligné. Il a ainsi rappelé que le patriarche s’était «à nouveau plaint ces dernières semaines du prosélytisme».

«Je dois reconnaître que je ne comprends pas ce qu’il veut dire. Si quelques prêtres se sont peut-être trompés, il est tout à fait clair que nous ne voulons pas de prosélytisme, que ce n’est pas notre politique». «S’il y a des cas concrets, il doit les citer pour que nous voyons ce que nous pouvons faire. Mais devant une accusation générale, je ne peux rien faire», a ainsi regretté le cardinal Kasper.

Néanmoins, le cardinal a estimé que la saison était «très chaude» pour l’oecuménisme, donnant en exemple la réunion de la Commission internationale avec les Eglises orientales orthodoxes à Rome de février prochain, la semaine de prière pour l’unité des chrétiens, lors de laquelle sera publié, en italien, le Vade-mecum de l’oecuménisme spirituel et la réunion à Rome de la Commission pour la finalisation du texte sur la synodalité – le drafting comittee – discuté à Belgrade. (apoc/imedia/ar/bb)

Athènes: Christodoulos demande au pape la restitution d’un fragment du Parthénon

Conservé aux Musées du Vatican

Athènes, 15 décembre 2006 (Apic) L’archevêque d’Athènes et de toute la Grève, Christodoulos, a demandé à Benoît XVI de restituer un infime fragment du Parthénon. Le 14 décembre, le chef de l’Eglise orthodoxe grecque aurait fait sa demande à la fin de son tête-à-tête avec le pape.

L’archevêque a mis a profit sa visite historique à Rome pour demander au pape la restitution d’un fragment du temple antique du Parthénon, à Athènes, conservé aux Musées du Vatican. C’est ce qu’a rapporté Viki Markaki, chargé de presse de la délégation grecque. Le souverain pontife se serait «réservé de répondre», a indiqué l’attaché de presse.

Construit au 4e siècle sur l’acropole d’Athènes, le Parthénon, grand temple dédié à la déesse Athéna, est l’un des monuments de l’antiquité les plus connus. Pendant des siècles, il est resté intact, transformé en église, puis en mosquée. Le temple a cependant été gravement endommagé en 1687, suite au bombardement des Vénitiens.

Les visiteurs du site se sont ensuite servis dans les fragments de sculpture qui jonchaient le sol. En 1801, l’ambassadeur britannique à Istanbul (la Grèce fait alors partie de l’empire ottoman), Lord Elgin, en corrompant l’administration turque, arracha au bâtiment les restes de la célèbre frise des Panathénées et plusieurs statues du fronton. Elles sont aujourd’hui exposées au British Museum, à Londres.

La Grèce réclame, sans résultat, la restitution des frises de l’Acropole depuis 1982. Un comité spécialisé a été organisé au sein de l’Unesco. En 2002, le British Museum a opposé une fin de non-recevoir aux demandes grecques. Si le musée de l’Acropole possède une partie des frises, les musées du Vatican, du Louvre, de Copenhague, de Vienne, de Würzburg, de Salinas, de Palerme et de Munich, possèdent aussi des fragments du célèbre temple. (apic/imedia/hy/bb)

15 décembre 2006 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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