200’000 personnes à Rome et 300’000 à Cracovie
Rome: Canonisation de Soeur Faustine
Rome, 30 avril 2000 (APIC) C’est par un long applaudissement et des cris de joie que les 200’000 personnes réunies Place Saint-Pierre, ainsi que les 300’000 Polonais rassemblés au sanctuaire de la Divine Miséricorde à Cracovie, ont acclamé la canonisation de Soeur Faustine le 30 avril. Toute la cérémonie était en effet retransmise en duplex de Rome et du sanctuaire de Lagiewniki à Cracovie, où reposent actuellement les reliques de la sainte.
Jean Paul II venait à peine de prononcer les formules rituelles en latin que de nombreux drapeaux polonais blancs et rouges se sont agités dans la foule visiblement enthousiaste, sur une Place Saint-Pierre baignée de soleil. Autres applaudissements intenses à Rome et à Cracovie lorsque le pape a annoncé que «le premier dimanche après Pâques, désormais, dans toute l’Eglise, prendra le nom de `Dimanche de la Miséricorde Diviné’». Selon le pape, le Christ lui-même a en effet demandé à la religieuse polonaise Soeur Marie-Faustine, appelée depuis lors l’apôtre de la miséricorde, de diffuser cette pratique dans l’Eglise.
La joie de Jean Paul II était manifeste. «C’est vraiment une grande joie pour moi aujourd’hui de proposer à toute l’Eglise la vie et le témoignage de Soeur Faustine Kowlaska» a-t-il dit lors de l’homélie en italien et en polonais. Le pape connaît très bien le message de sa compatriote. Alors qu’il était séminariste clandestin à Cracovie pendant la seconde guerre mondiale, il s’est souvent rendu au sanctuaire de Lagiewniki où a vécu la religieuse polonaise, et où elle est morte le 4 octobre 1938.
Pour Jean Paul II, ce n’est pas un hasard si ce message de miséricorde pour l’humanité a été donné par Dieu au monde pendant l’entre-deux-guerres. «C’est en effet entre la première et la seconde guerre mondiale, a-t-il souligné, que le Christ lui a confié son message de miséricorde. Ceux qui s’en souviennent, qui furent les témoins des événements de ces années-là, qui y ont participé et qui ont connu les souffrances terribles qui en ont résulté pour des millions d’hommes, savent combien ce message de miséricorde était nécessaire».
Message encore actuel
Or, ce message est encore actuel, a poursuivi le pape. «Que nous apporteront les années qui à venir? Quel sera l’avenir de l’homme sur la terre ? Il ne nous est pas donné de le savoir. Il est cependant certain que, si des progrès nouveaux nous attendent, les expériences douloureuses, malheureusement, ne manqueront pas. Mais la lumière de la miséricorde divine, que le Seigneur a voulu manifester une nouvelle fois au monde à travers le charisme de Soeur Faustine, illuminera le chemin des hommes du troisième millénaire». «C’est l’Esprit qui guérit les coeurs, a-t-il ajouté, qui fait tomber les barrières qui nous séparent de Dieu et nous divisent entre nous, et qui rend en même temps la joie de l’amour du Père et celle de l’unité fraternelle».
«C’est un message pour le nouveau millénaire» a également insisté le pape, cette fois en polonais. «C’est à cet amour que l’humanité doit aujourd’hui aspirer pour affronter la crise du sens, les défis de ses différents besoins, et surtout l’exigence de sauvegarder la dignité de toute personne humaine».
A la fin de la messe, alors que des choeurs polonais ne cessaient d’entonner, aussi bien à Rome qu’à Cracovie, des chants de joie et des «Alleluia», le pape a salué la délégation officielle polonaise guidée par le président du Conseil des Ministres, Jerzy Buzek. Parmi les personnalités également présentes à Rome, figuraient le président et le vice-président du Parlement ainsi que le président de Solidarinosc, Marian Krzaklewski. «C’est un jour si spécial pour notre pays» a confié le pape en polonais à ses compatriotes, avant la prière de l’Angélus. (apic/imed/pr)



