Pour le 1700e anniversaire de l’évangélisation de l’Arménie

Rome: Célébration en rite arménien présidée par Jean Paul II

Rome, 16 février 2001 (APIC) Jean Paul II présidera dans la basilique Saint-Pierre, une cérémonie selon le rite arménien, le 18 février 2001, pour le 1700e anniversaire de l’évangélisation de l’Arménie par saint Grégoire. La célébration verra la participation de Nerses Bedros XIX, le patriarche de Cilicie des Arméniens catholiques, de 13 évêques arméniens catholiques venant de la diaspora (Irak, Israël, Egypte, Syrie, Etats-Unis, Amérique latine et France), et du patriarche émérite de Cilicie des Arméniens catholiques, Jean-Pierre Kasparian XVIII.

L’autel de la basilique sera pour l’occasion pourvu de l’»iconostase», grande toile recouverte d’icônes, pour séparer l’autel des fidèles présents durant la célébration. Jean Paul II bénira par ailleurs, à la fin de la cérémonie, une grande image représentant le début de l’évangélisation de l’Arménie par Grégoire l’Illuminateur il y a 1700 ans. L’image circulera ensuite dans le monde entier, dans les éparchies ­ diocèses -, les églises, les monastères et les familles arméniennes de la diaspora. Elle reprend un tableau présent au monastère de Bzommar, au Liban, à quelques kilomètres de la cathédrale Saint-Grégoire.

Pour marquer cet anniversaire, le pape publiera en outre une lettre apostolique, le 18 février, en arménien. «Nous le lui avons nous-même demandé», a expliqué Nerses Bedros XIX le 15 février lors d’une conférence de presse à Rome. Pour le patriarche, ce sera un «encouragement à un renouveau de la foi chrétienne en Arménie».

Reliques de saint Grégoire

Lors de la célébration, Jean Paul II remettra officiellement à Nerses Bedros XIX une partie des reliques de saint Grégoire, patron de l’Arménie ­ un morceau de 8 centimètres du crâne – et qui sera ensuite portée au siège du patriarcat des Arméniens catholiques, dans la cathédrale saint Grégoire, au Liban. Le pape avait déjà donné une relique du même saint ­ un fémur ­ au patriarche de l’Eglise apostolique arménienne, Karékin II, le 10 novembre 2000. En remettant les mêmes reliques aux deux Eglises arméniennes, Jean-Paul II a voulu renouveler sa volonté de renforcer les relations œcuméniques entre elles. Les reliques étaient jusqu’à présent conservées au monastère de Saint Grégoire l’Arménien de Naples. Elles seront apportées à Rome par un représentant du cardinal Michele Giordano, archevêque de la ville.

La cérémonie avait été demandée au pape par le patriarche de Cilicie des Arméniens lui-même, le 13 décembre 1999, lorsqu’il était venu au Vatican pour demander la ’communion ecclésiale ­ l’approbation par Jean Paul II de son élection de patriarche, le 7 octobre 1999. La date du 18 février avait été choisie pour marquer à la fois la fête de saint Vartan ­ martyr de la bataille d’Avarair, en 451, lors du concile de Chalcédoine lorsque par des attaques violentes, les Perses ont empêché les évêques arméniens de s’y rendre -, qui sera célébrée quelques jours plus tard, le 22 février, ainsi que le 1700ème anniversaire de l’arrivée du christianisme en Arménie par saint Grégoire l’Illuminateur ­ en 301, date qui coïncide la reconnaissance du christianisme comme religion d’Etat, l’Arménie étant le premier pays à l’avoir fait.

Une Eglise en diaspora

L¹Eglise arménienne catholique, qui date du XVIIIème siècle, compte environ 350’000 fidèles en Arménie, et autant dans la diaspora arménienne, en particulier en Syrie et au Liban où elle a son siège patriarcal. L¹Eglise arménienne apostolique en revanche compte environ 3,5 millions de fidèles en Arménie, et autant dans ses communautés dispersées en Russie, en Géorgie, au Moyen-Orient, en Amérique et en Europe.

Concernant le prochain voyage du pape dans son pays ­ les dates n’ont pas été fixées, mais il en est très fortement question -, le patriarche de Cilicie des Arméniens catholiques estime que «ce sera une occasion précieuse pour les relations œcuméniques entre les deux Eglises arméniennes». Ce voyage pourrait avoir lieu à l’automne prochain, à l’occasion de la consécration de la nouvelle cathédrale qui est sur le point d’être achevée à Erevan, la capitale, grâce à la contribution des Arméniens du monde entier.

Reconnaissance du génocide arménien ?

Pour Nerses Bedros XIX, ce serait par ailleurs l’occasion pour le pape de reconnaître le génocide arménien de 1915. Le 10 novembre dernier, Jean Paul II avait signé une déclaration commune avec Karekin II, dans laquelle il mentionnait le «génocide arménien». Mais même si Nerses Bedros XIX a déploré, le 15 février, le fait que le pape ne l’ait jamais reconnu officiellement, il a précisé néanmoins que l’Eglise arménienne «considère que ce n’est pas à l’Eglise de se prononcer». «Nous voudrions la mise en place d’une commission internationale qui étudie cette question à fond», a-t-il expliqué, précisant que c’est une «question de justice, de reconnaissance et de réparation».

Le patriarche des Arméniens catholiques a par ailleurs souhaité que la béatification de Mgr Ignazio Maloyan – archevêque arménien catholique de Mardin, tué lors du génocide ­ soit proclamée lors du prochain synode pour les évêques, en octobre prochain. Son ’martyr’ a été reconnu par la Congrégation pour la cause des saints, mais le décret l’annonçant officiellement n’a pas encore été publié. «J’enverrai une lettre à Jean-Paul II pour lui demander cette béatification au cours du synode des évêques», a déclaré Nerses Bedros XIX, pour «concrétiser le thème du synode consacré au rôle et à la mission de l’évêque dans son diocèse». (apic/imed/bb)

16 février 2001 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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