Pour une célébration commune de Pâques

Rome: Célébration oecuménique présidée par Jean Paul II

Rome, 25 janvier 2001 (APIC) Le pape Jean Paul II a invité jeudi au cours d’une célébration œcuménique à Rome les différentes Eglises et communautés chrétiennes à trouver un consensus pour une date commune de la fête de Pâques, fort de la concordance exceptionnelle de leurs calendriers cette année. Toutes, en effet, célébreront Pâques le 15 avril.

Le pape a par là également encouragé la poursuite du dialogue œcuménique, au matin du 25 janvier, au cours de la «liturgie de la parole» présidée dans la basilique Saint-Paul-hors-les-murs. Le pape était entouré des représentants de 23 Eglises et communautés ecclésiales chrétiennes.

Pour Jean Paul II, la célébration commune de Pâques cette année fait partie des «éléments prometteurs qui se profilent déjà» en vue d’un témoignage commun du Christ par les chrétiens. «Cela devrait nous encourager à trouver un consensus pour une date commune de cette fête», a-t-il insisté sous les applaudissements. Le pape a par ailleurs évoqué comme positive, dans le même sens, l’initiative du Conseil oecuménique des Eglises de consacrer les dix prochaines années à lutter contre la violence.

Jean Paul II a par ailleurs redit qu’»hors de l’Eglise catholique, il n’y a pas de vide ecclésial». «Malgré les malentendus et les nombreux problèmes qui nous empêchent encore de nous sentir pleinement unis, on trouve aussi en dehors des frontières visibles de l’Eglise catholique d’importants éléments de sanctification et de vérité de l’unique Eglise du Christ qui nous entraînent vers la véritable unité».

Pour le pape, si l’on ne peut pas «diminuer les différences» qui séparent encore les chrétiens, celles-ci doivent donc inciter à «une recherche théologique sérieuse» et ne pas être perçues comme «un obstacle au dialogue», mais comme une invitation «à une confrontation franche et charitable».

Jean Paul II a en effet estimé que «le véritable engagement oecuménique ne cherche pas les compromis et ne fait pas de concession pour ce qui touche à la Vérité». Il ne doit pas inciter à «modifier le dépôt de la foi».

Tourner le dos aux malentendus

Avec la recherche théologique, le pape invite par ailleurs à une «purification de la mémoire» qui est pour lui «une tâche fondamentale». «Au cours du seconde millénaire, nous nous sommes opposés et divisés et nous nous sommes condamnés et combattus réciproquement», a-t-il rappelé. «Nous devons oublier les ombres et les blessures du passé, et être tendus vers l’heure de Dieu qui vient».

«En tournant le dos aux malentendus, nous devons nous rencontrer, nous connaître mieux, apprendre à nous aimer réciproquement, collaborer fraternellement pour tout ce qu’il est possible de faire». C’est dans cette perspective que Jean Paul II place ses prochains voyages en Syrie et en Ukraine.

En attendant, la liturgie présidée par le pape a permis aux membres des différentes délégations de lire plusieurs lectures de saint Paul, notamment en grec, en syrien et en russe, tandis qu’il a échangé avec chacun d’entre eux un «baiser de paix». Jean Paul II a ensuite déjeuner sur place avec eux, dans l’abbaye bénédictine à laquelle est confiée la basilique Saint-Paul-hors-les-murs. (apic/imed/pr)

25 janvier 2001 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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