2’000 journalistes de 52 pays présents à Rome
Rome: Clôture des journées jubilaires des journalistes avec le pape
Rome, 4 juin 2000 (APIC) «Il est possible d’être à la fois un chrétien authentique et un excellent journaliste» a commenté dimanche le pape Jean Paul II, devant un auditoire composé en majorité de journalistes et d’opérateurs dans les médias, à l’occasion de la Journée mondiale des communications sociales. Une journée qui mettait en outre un terme au Jubilé des journalistes. Le pape a également insisté sur «la question éthique» face aux «pressions idéologiques et commerciales» auxquelles est confronté le journalisme.
Le pape Jean Paul II a conclu dimanche en fin de matinée les quatre journées jubilaires organisées par le Conseil pontifical pour les communications sociales. Du 1er au 4 juin, 2’000 journalistes provenant de 52 pays ont en effet fêté à Rome, avec leurs familles, leur propre jubilé.
«La mondialisation a augmenté les capacités des moyens de communication sociale mais ce type de communication est également plus exposé aux pressions «idéologiques et commerciales», a estimé le pape. Il a ainsi invité les journalistes à réfléchir sur leur «vocation de chrétiens engagés dans le monde de la communication». «C’est là le point crucial de la question éthique qui est inséparable de votre travail» a-t-il dit. De par son «influence très vaste et directe sur l’opinion publique, le journalisme ne peut pas être guidé uniquement par les forces économiques, par les profits et les intérêts particuliers». C’est un devoir, que le pape a qualifié de «sacré», de tenir compte «du bien de tous, en particulier du bien des couches les plus faibles de la société: des enfants aux pauvres, des malades aux personnes marginalisées ou discriminées».
“On ne peut écrire ou transmettre uniquement en fonction de l’indice d’écoute, au détriment des services vraiment formateurs. On ne peut pas non plus, a-t-il ajouté, faire appel de manière inconditionnelle au droit>d’information, sans tenir compte des autres droits de la personne. Aucune liberté, la liberté d’expression comprise, n’est absolue».
Le pape a encore souligné qu’»aucune chose, si fascinante soit-elle, ne peut être écrite, réalisée ou transmise au détriment de la vérité», visant par là non seulement la vérité des faits, mais la vérité de l’homme, sa dignité personnelle dans toutes ses dimensions».
Merci aux journalistes
Jean Paul II a par ailleurs remercié les journalistes qui ont oeuvré pour faire connaître toutes les paroles et les faits relatifs à son pontificat, parlant de «dette personnelle et de gratitude» envers eux. «L’Eglise et les médias doivent marcher ensemble pour rendre service à la famille humaine» a conclu le pape, avant de saluer chaleureusement, dans leurs différentes langues, les journalistes présents dans la salle Paul VI.
Les quatre journées jubilaires avaient été introduites dans l’après-midi du 1er juin par le président du Conseil pontifical pour les communications sociales, l’archevêque américain John Foley, qui s’est félicité de la participation nombreuse des journalistes et de leurs familles à ce rendez-vous jubilaire.
La conférence du cardinal Castrillon Hoyos le vendredi matin a porté sur trois aspects fondamentaux du journalisme: trouver une information juste, présenter la nouvelle de manière constructive et publier la vérité avec audace. Lors d’une conférence de presse en mondiovision, avec la participation de journalistes de Washington, de Manille et de Johannesbourg reliés par satellite, le cardinal Angelo Sodano et Mgr Dirmund Martin ont répondu à différentes questions relatives à l’engagement du Saint-Siège pour la paix dans le monde, à la dette internationale, à la présence des catholiques dans les médias ainsi qu’au rapport des médias avec la vérité et la liberté.
Célébration œcuménique samedi
La matinée du samedi a, quant à elle, été consacrée à l’oecuménisme. Lors d’une célébration oecuménique à St-Paul-hors-les-murs présidée par le cardinal Edward Cassidy, des journalistes d’autres confessions chrétiennes avaient été particulièrement invités. «Cherchez à construire des ponts, a souligné le cardinal australien, président du Conseil pontifical pour le dialogue interreligieux, pour faire cesser les divisions fâcheuses que vous devez décrire et dont vous devez parler» Il a regretté à ce propos que certains journalistes «soient plus engagés à détruire les ponts qu’à les construire».
Avant l¹audience avec Jean Paul II, c’est le cardinal Roger Etchegaray, président du Comité du Grand Jubilé, qui a célébré la messe de conclusion dimanche matin, centrant son homélie sur l’éthique dans le journalisme. (apic/imed/pr)



