Le pape invite à témoigner du don désintéressé

Rome: Clôture du Congrès international de la vie consacrée

Rome, 8 novembre 2004 (Apic) Jean Paul II a demandé aux religieux et religieuses de rendre témoignage à la société actuelle du don désintéressé et de l’amour gratuit. C’est ce qu’il a déclaré dans un message transmis dans la matinée du 27 novembre, en conclusion du Congrès international de la vie consacrée, auquel ont participé 850 supérieurs et responsables d’ordre religieux du monde entier.

Le message de Jean Paul II a été lu aux participants par Mgr Franc Rodé, préfet de la Congrégation vaticane pour la vie consacrée. Soulignant le «manque d’espérance» et la «pauvreté intérieure» des hommes et femmes de notre temps, le pape a invité les religieux et religieuses à «offrir à l’humanité désorientée, usée et privée de mémoire, un témoignage crédible de l’espérance chrétienne».

«Dans une société où l’amour ne trouve pas toujours l’espace pour s’exprimer gratuitement, les consacrés sont appelés à témoigner de la logique du don désintéressé», a-t-il poursuivi, insistant sur le fait que la vie consacrée devait «être la gardienne d’un patrimoine de vie et de beauté capable d’étancher toute soif, de soigner toute plaie et d’être un baume pour toute blessure, exauçant tout désir de joie, d’amour, de liberté et de paix».

«Le désir de porter le Christ à tout homme doit alimenter constamment votre engagement de conversion personnelle, de sainteté et d’évangélisation», a conclu le souverain pontife.

850 religieux et religieuses de 134 pays

Quelques 850 religieux et religieuses de 134 pays, représentant environ 200’000 religieux et 600’000 religieuses de par le monde, étaient réunis à Rome du 23 au 27 novembre pour un Congrès international de la vie consacrée autour du thème ’Passion pour le Christ, passion pour l’humanité’. Cette rencontre internationale devait se terminer par une audience papale au Vatican, mais la venue du patriarche oecuménique Bartholomé Ier au même moment en a empêché la réalisation.

A l’issue de ce congrès, un bref document final devait être élaboré, indiquant que «la baisse du nombre de religieux et religieuses n’était pas source de préoccupation», les congrégations et instituts religieux devant «plutôt se focaliser sur la qualité du témoignage de vie et sur l’évangélisation et la promotion de l’homme». Autre point de synthèse des travaux, un désir d’une «collaboration plus intense» avec les évêques et le Saint-Siège et les autres réalités ecclésiales, comme les nouveaux mouvements. Enfin, parmi les «défis à affronter», la «formation permanente», en particulier dans le domaine de la communication pour pouvoir «dialoguer avec le monde». BB

Echos de la rencontre

L’agence d’information religieuse» Vidimus Dominum ” a recueillis quelques échos de la rencontre qu’elle livre son site internet ( www.vidimusdominum.org )

Le Père Gonzales Silva, Doyen du «Claretianum» à Rome, fait remarquer que dans plusieurs régions les «signes d’une vie nouvelle» sont en train de se manifester. A son avis, «ils ne doivent pas être suffoqués», puisqu’ils peuvent aider à un renouvellement authentique. A ce sujet, il se dit préoccupé par la prédominance possible d’un mouvement de pensée provenant des États-Unis, qui pourrait influencer négativement les résultats du Congrès.

Le jésuite Jean Liboudo, du Burkina Faso, a fait remarquer qu’une «nouvelle conscience» est en train d’apparaître parmi les pauvres et les exclus en Afrique, en Inde ou dans d’autres pays. Ces peuples, colonisés dans le passé, sont aujourd’hui des sujets à écouter. Il a également proposé d’écouter un chant de son Pays, qui souligne l’élément de la passion pour le pauvre, pour le petit. La vie consacrée est appelée à vivre un leadership collectif et une plus grande coresponsabilité.

Rania Khouri, une jeune religieuse des Soeurs Maîtresses de Sainte Dorothée Filles des Sacrées-Coeurs, d’origine jordanienne, fait remarquer que dans le rapport avec l’Islam, «si l’on parvient à mettre l’accent sur ce qui nous unit, on surmonte un grand nombre de difficultés et l’on arrive même à avoir de la sympathie pour l’autre. On pourrait jeter des ponts entre nous pour surmonter maintes incompréhensions. Selon moi, cela aussi fait partie de l’avenir de la Vie consacrée. Pour réussir à envisager ce qui est différent, il faut parfois s’oublier soi-même, donner de la place à l’autre, et pour moi c’est cela la charité, l’amour, car je dois penser aussi aux autres et non seulement à moi-même».

D’autres participants de l’Afrique ont fait observer qu’il manque une réflexion de la part des religieux et des religieuses du continent. Là, en effet, il y a une manière particulière de vivre le Christ et de le suivre. Or, ces dimensions de la vie de la famille chrétienne et de la Vie consacrée en Afrique sont encore inexplorées.

(apic/imedia/vd/bb)

28 novembre 2004 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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