Corriger l’actuel système économique et financier mondial
Rome: Colloque international sur les migrants: message de Jean-Paul II
Rome, 9 octobre 1998 (APIC) Le pape Jean-Paul II a dénoncé vendredi 9 octobre toute forme d’exploitation du travail et a encouragé les catholiques à agir «avec plus grande clarté et détermination» face aux problèmes des immigrés. Il est indispensable aujourd’hui de «corriger l’actuel système économique et financier, dominé et manipulé par les pays industrialisés au détriment des pays en voie de développement», a insisté le pape.
Le pape a reçu en audience les participants du IV colloque organisé au Vatican par le Conseil Pontifical pour la pastorale des migrants et des itinérants sur le thème «les migrations à l’aube du troisième millénaire» (4-10 octobre).
Pour Jean Paul II, les flux migratoires sont non seulement un problème croissant mais aussi de plus en plus complexe. Alors que les pays ont tendance, aujourd’hui, à fermer les frontières et à effectuer des contrôles très rigoureux, on assiste à des flux incontrôlés de clandestins qui fuient les conditions difficiles de vie dans leur pays.
Jean-Paul II rappelle à ce sujet le «droit primaire de l’homme à vivre dans son pays d’origine» mais reconnaît les nombreux facteurs qui poussent à l’émigration. Pour lutter contre les causes de l’émigration, – conflits internes, guerres, systèmes de gouvernement injustes, distribution inégale des ressources économiques, politique agricole incohérente, industrialisation irrationnelle, corruption galopante – «il est indispensable de promouvoir un développement économique équilibré, un dépassement progressif des inégalités sociales, le respect scrupuleux de la personne humaine, le bon fonctionnement des structures démocratiques». Pour jean Paul II il est indispensable également de mettre en acte des interventions rapides pour corriger l’actuel système économique et financier, dominé et manipulé par les pays industrialisés au détriment des pays en voie de développement».
Non à l’exploitation des travailleurs
Le pape souligne que «la fermeture des frontières, souvent, n’a pas pour seul motif un besoin moindre ou inexistant actuellement de main d’oeuvre immigrée». Il dénonce ainsi «le système de production basé sur la logique d’exploitation du travail», par l’utilisation d’une main d’oeuvre à bas prix des pays en voie de développement. Il craint que ces travailleurs «ne soient réduits à la condition des nouveaux ’serfs de la glèbe». Et de lancer «un tel système est inacceptable car la dimension humaine du travail est pratiquement ignorée».
Pour faire face à la question complexe de l’immigration, le pape en appelle aux chrétiens et les invitent «à assumer avec meilleure clarté et détermination leur responsabilité au sein de l’Eglise et de la société». C’est leur rôle de «prendre position en faveur des personnes marginalisés ou abandonnées à leur impuissance».
A la veille du troisième millénaire, le pape encourage les chrétiens à être présents dans les débats sur l’immigration, avançant des propositions capables d’ouvrir des perspectives sûres pouvant être réalisées aussi sur le plan politique. «La seule dénonciation du racisme et de la xénophobie ne suffit pas», conclut le pape. (apic/imed/mp)




