Rome: Colloque sur la science, la philosophie et la théologie au Latran

Dans le cadre du «Projet STOQ»

Rome, 4 novembre 2005 (Apic) Un colloque international sur «l’infini dans la science, la philosophie et la théologie» se tiendra du 9 au 11 novembre 2005 à l’université pontificale du Latran, à Rome.

C’est au sein du «Project STOQ» (Science, Theology and Ontological Quest), patronné par le Conseil pontifical de la culture et en collaboration avec des universités pontificales, que se tiendra cette 1ère rencontre interdisciplinaire.

Lors d’une conférence de presse sur cette rencontre internationale, le 3 novembre 2005 au Vatican, le cardinal Paul Poupard, président du Conseil pontifical de la culture, a dénoncé le fondamentalisme ainsi que la science dénuée de transcendance.

Ce colloque international regroupera des membres liés la science, la philosophie et la théologie. Des professeurs des universités de Princeton, Berkeley et Indiana (Etats-Unis), Oxford (Royaume-Uni), Regensburg (Allemagne), mais aussi des membres de l’Observatoire du Vatican et de l’Agence spatiale italienne, participeront aux débats. Interviendront également le cardinal Georges Cottier, théologien de la Maison pontificale, Mgr Rino Fisichella, recteur de l’université pontificale du Latran, Mgr Josef Zycinski, archevêque de Lublin (Pologne), ainsi que deux des plus grands représentants d’études juives, le rabbin Adin Steinsaltz, de l’Israël institute for talmudic publications et le rabbin Benedetto Carucci, du séminaire rabbinique de Rome.

Le thème du colloque a été choisi car «l’infini est l’unique objet d’étude commun aux sciences mathématiques, physiques, humaines et théologiques», a expliqué Mgr Gianfranco Basti, directeur du projet STOQ, lors de la conférence de presse du 3 novembre 2005. Il a en outre précisé que ce congrès est le premier du genre, et que les suivants auront lieu tous les deux ans.

Créer un nouveau climat

Le cardinal Poupard, aussi président du STOQ, a expliqué que l’objectif de cette initiative est «de créer un nouveau climat de dialogue à l’intérieur de l’Eglise catholique entre la culture scientifique (.) et notre vie quotidienne».

Le «but ultime» du projet, a aussi confié le cardinal français, est «de contribuer à un changement de mentalité des croyants par rapport aux sciences, plutôt que de se limiter à une étude spécialisée des problèmes théoriques. Parallèlement, le projet veut offrir au monde scientifique des partenaires compétents avec qui dialoguer avec respect sur les nombreux problèmes du développement des sciences, surtout celles naturelles». «Nous savons où peut conduire une raison scientifique qui n’a qu’elle comme fin : la bombe atomique et la possibilité de cloner des être humains» a affirmé par ailleurs le cardinal Poupard, soulignant aussi «les dangers d’une religion qui coupe les liens avec la raison et devient ainsi la proie du fondamentalisme».

Durant cette conférence de presse, le directeur du Projet STOQ, Mgr Basti, ne rejetant pas totalement l’évolutionnisme, a pour sa part dénoncé le créationnisme en vogue au Etats-Unis, comme étant l’affaire des fondamentalistes qui cherchent à «le faire devenir un parti politique».

Le projet Stoq en chiffres

Mgr Basti a expliqué que le Projet STOQ voulait «promouvoir le dialogue entre les sciences, la philosophie et la théologie par l’organisation de cours et d’activités de recherche» qui, ces trois dernières années, ont concerné les Universités pontificales Grégorienne et du Latran et l’Athénée pontifical Regina Apostolorum. Les universités pontificales Salésienne et de la Sainte-Croix devraient s’unirent au projet dans les prochaines années ainsi que certaines universités européennes, comme l’Université de Navarre (Espagne), de Lublin (Pologne) et de Namur (Belgique). Lancé en 2003, le Projet STOQ est, depuis, à l’origine de 35 cours et séminaires suivis par 650 étudiants de 56 nationalités, 11 thèses de doctorat, des bourses d’étude, ainsi que 70 conférences publiques adressées à des milliers de participants.

En dehors de ces programmes d’études, le projet STOQ a promu différentes activités et initiatives autour du rapport entre anthropologie, philosophie et neurosciences, en collaboration avec les universités de Berkley et de George Washington aux Etats-Unis.

STOQ est, entre autres, financé par la fondation américaine ’Templeton Foundation’. Cette dernière finance en particulier, à hauteur de plusieurs millions de dollars, des chaires universitaires pour des professeurs laïcs de ’sciences et religion’. Il en existe dans les prestigieuses universités d’Oxford et Cambridge au Royaume Uni et de Harvard aux Etats-Unis. (apic/imedia/gt/pr)

4 novembre 2005 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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