Rome : Comment éviter le dialogue de sourd entre chrétiens et musulmans

Rome, 12 novembre 2001 (APIC) Le patriarche latin Michel Sabbah a précisé, sur les ondes de Radio Vatican, le 9 novembre, les enjeux du dialogue entre chrétiens et musulmans. Il a expliqué qu’il n’est pas possible d’aboutir à un résultat sans intégrer les différences de rapport entre religion et état, propres aux deux partis

Le patriarche latin de Jérusalem, Michel Sabbah, participe aux travaux de l´assemblée plénière du conseil pontifical pour le dialogue interreligieux. Il a répondu aux questions de Radio Vatican.

A la question des modalités de ce dialogue, le patriarche a répondu que le dialogue entre chrétiens et musulmans se fait dans les pays arabes musulmans, où vivent des Arabes chrétiens et musulmans. Il y existe des règles et des concepts propres pour dialoguer, explique Michel Sabbah. Les arabes chrétiens font partie de monde arabe musulman. Donc, pour les chrétiens dialoguer signifie découvrir ensemble – musulmans et chrétiens – les méthodes les meilleures, pour construire ensemble la même patrie, la même culture arabe chrétienne et musulmane.

A la question de la présence de l’islam en occident, le patriarche a souligné avec insistance l’existence d’une équivoque qui pourrait perdurer. L’islam, en effet, conçoit l’Etat et la religion comme une entité. Le Musulman est religieux, donc son langage est religieux. Le langage de l’Occidental n’est pas toujours religieux, parce qu’en Occident vivent l’athée, le laïc, et le chrétien croyant. Par conséquent, selon Michel Sabbah, lorsque l’on veut commencer un dialogue en Occident, le partenaire occidental doit d’abord se définir : laïc ? athée ? chrétien ? S’il est chrétien et croyant et vit dans un Etat laïc, il apparaît ambigu aux yeux du musulman.

Le patriarche a précisé que pour le musulman il n’existe que la religion, et pour lui vivre dans la démocratie européenne implique la reconnaissance de tous ses droits – en tant qu’être humain et en tant que croyant. Il met donc au service de son être de croyant, tous les droits ou les législations démocratiques de l’Occident, alors que l’interlocuteur occidental manifeste une mentalité purement démocratique. Ainsi, selon Michel Sabbah, le développement de la présence musulmane en Occident devient imprévisible. Pour éviter cela, il est donc nécessaire que l’interlocuteur occidental ait une vraie mentalité religieuse, pour pouvoir comprendre l’interlocuteur musulman, et pouvoir conduire un vrai dialogue, et non un dialogue de sourds, conclu le patriarche. (apic/zenith.org/sh)

12 novembre 2001 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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