Les contributions des diocèses ont triplé en cinq ans

Rome: Comptes du Saint-Siège 1996 légèrement bénéficiaires

Rome, 18 juin 1997 (APIC) Pour la quatrième année consécutive, le bilan consolidé du Saint-Siège est positif. L’exercice 1996 se solde par un boni «modeste» de 260’000 dollars (390’000 francs) Un bénéfice d’ailleurs en baisse constante depuis quatre ans. En cause: un manque de recettes, que ne compense pas une baisse des charges, pour la première fois depuis sept ans. Les grands argentiers du Saint-Siège se préparent en outre à l’entrée en vigueur de l’Euro, la monnaie européenne.

C’est devenu un rituel au Vatican. Après les heures sombres du scandale de la banque du Vatican, le cardinal Edmund Casimir Szoka – appelé il y a sept ans des Etats-Unis pour mettre en place un véritable contrôle de gestion au Vatican – présente au mois de juin les comptes consolidés du Saint-Siège pour l’exercice écoulé.

Grâce aux diocèses

Depuis quatre ans (1993), le bilan est positif, mais 1996 voit un tassement des recettes à 194’571 millions de dollars, (291,856 millions de francs) et un bénéfice de seulement 260.000 dollars (390’000 francs) – contre 1,5 millions de dollars en 1993 (2,25 millions de francs) – pour des déépenses totales s’élevant à 194,313 millions de dollars (291,466 millions de francs).

On prépare également au Vatican l’entrée en vigueur de l’Euro. Etat souverain, le Vatican a le droit battre monnaie. Mais n’étant pas membre de la Communauté Européenne, il dépend, pour sa monnaie, exprimée en lire, des instances italiennes. Si celles-ci adoptent un jour l’Euro, il n’est pas exclu que le Vatican batte monnaie et exprime sa comptabilité en Euro. Mais cet ensemble de conditions demande encore «beaucoup d’études» et «aucune décision n’a encore été prise», précisent les grands argentiers du Vatican.

En analysant le bilan 1996, le cardinal Szoka a mentionné l’effort des diocèses de l’Eglise: «En l’espace de cinq ans, leur contribution a triplé. Sans eux nous serions encore dans une situation déficitaire», a-t-il commenté. De fait, en 1996, les diocèses de l’Eglise ont contribué à hauteur de 22,373 millions de dollars (33,56 millions de francs) aux recettes du Saint-Siège, soit 11,5 % du total et une aumentation de 12% par rapport à 1995. Le redressement des comptes du Saint-Siège est en effet le fruit d’une réforme, entrée en vigueur en 1991, qui a ouvert la possibilité pour les diocèses de contribuer directement au financement du Saint-Siège.

Les bons comptes font les bons… donateurs

L’essentiel des recettes provient de différents «organismes et fondations» extérieurs qui ont apporté 46 millions de dollars en 1996. Parmi ces donateurs figurent, a précisé le cardinal Szoka, les Chevaliers de Colomb (Etats-Unis), une autre fondation américaine «pour le pape», la banque du Vatican (IOR), qui fournit la contribution la plus importante, et une association belge. Les recettes proviennent également de l’activité financière – «mauvaise en 1996» (27 millions de dollars) et de l’activité immobilière (15 millions de dollars).

Au chapitre des charges, le rapporteur des comptes note une fois encore les déficits chroniques de «Radio Vatican» et de «L’Osservatore Romano», dont les budgets ne sont pas publics. «L’importance de ces organismes justifie la perte», a observé le cardinal Szoka.

Pour l’avenir, le cardinal américain souligne «la nécessité de contrôler très attentivement nos dépenses et de continuer à améliorer nos recettes». Malgré une situation assainie, le prélat ne craint nullement de voir des catholiques se décourager de verser de l’argent au le Saint-Siège, «au contraire, nous venons de voir que les bons comptes favorisent les dons. Quand un organisme est toujours en déficit on fini par se lasser de donner». (apic/cip/imed)

9 avril 2001 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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