Portrait du cardinal Ivan Dias
Rome: Conclave: Les cardinaux du peloton de tête – Série Apic –
Rome, 18 avril 2005 (Apic) Le nom du cardinal indien Ivan Dias, archevêque de Bombay, est revenu souvent dans les conversations ces derniers temps. L’idée d’un pape venant d’Asie est aujourd’hui plausible, l’immensité du continent asiatique, où les catholiques sont peu nombreux, constituant un défi essentiel pour l’Eglise. Dans ce contexte, le fait que le cardinal Dias – qui vient de fêter ses 69 ans – connaisse bien à la fois le tiers monde et la Curie romaine, a fait de lui un favori.
Ivan Dias naît le 14 avril 1936 à Bandra, en Inde, près de Bombay – son père est un fonctionnaire de l’administration de Bombay – dans une famille de cinq garçons, très chrétienne. Habitué très tôt à aller à la messe chaque jour avec sa mère, et à réciter le chapelet le soir en famille, il décide assez jeune de rentrer au séminaire. Il est ordonné prêtre chez les Salésiens à l’âge de 22 ans, le 8 décembre 1958, date à laquelle est fêté le centenaire des apparitions de la Vierge à Lourdes. Un anniversaire qui le marque, et par la suite, il se rendra à Lourdes chaque année.
En matière de dévotion pour la Vierge et d’intérêt pour Saint Louis- Marie Grignon de Montfort, il rejoint tout à fait Jean Paul II. Il fera d’ailleurs placer, plus tard, en devenant évêque, l’effigie de la Vierge sur son anneau épiscopal.
En attendant, jeune prêtre, il commence son ministère à Bombay, mais part rapidement pour Rome, en 1961, pour étudier le droit canonique à l’Université pontificale du Latran. En 1964, la Secrétairerie d’Etat du Vatican fait appel à lui pour aider à la préparation du voyage de Paul VI à Bombay, à l’occasion du Congrès eucharistique international. Un voyage qui marque un tournant dans sa vie.
Ivan Dias restera au service du Saint-Siège pendant plus de trente ans. Polyglotte – il connaîtrait les rudiments d’une quinzaine de langues, tout en en maîtrisant très bien huit – il est d’abord Secrétaire des nonciatures apostoliques du Danemark, de Suède, de Norvège, d’Islande, de Finlande, d’Indonésie, de Madagascar, de la Réunion, des îles Comores et de l’île Maurice, de 1965 à 1973.
Il est rappelé à Rome comme chef de section à la Secrétairerie d’Etat, plus particulièrement spécialisé sur l’Union soviétique, les Etats baltes, la Biélorussie, l’Ukraine, la Pologne, la Bulgarie, la Chine, le Vietnam, ainsi que sur douze pays d’Afrique, dont le Rwanda et le Burundi. Il travaille beaucoup sur les relations avec le monde communiste, auprès du cardinal Agostino Casaroli, Secrétaire d’Etat du Saint-Siège.
L’ancien pro-nonce apostolique au Ghana devient archevêque de Bombay
En 1982, il est nommé pro-nonce apostolique au Ghana, au Togo et au Bénin. Il est ordonné évêque la même année par Jean Paul II dans la basilique Saint-Pierre. Cinq ans plus tard, il est nommé en Corée du Sud, et en 1991, en Albanie, comme nonce apostolique. Il y restera jusqu’en 1997, vivant ainsi de près la guerre des Balkans. Il accueille le pape en Albanie en avril 1993.
Le 8 novembre 1996, Jean Paul II le nomme archevêque de Bombay. Il repart donc en Inde, où il est confronté au dialogue avec les musulmans et les hindous. Là, il se fait apprécier comme un pasteur proche de ses fidèles, très facile de contact, qui ne ménage pas ses forces, malgré une santé que l’on dit fragile; il serait en effet diabétique. Il reste cependant très en lien avec Rome, y revient souvent, de fait de ses fonctions au Vatican, où il est connu et très écouté. Il est créé cardinal en février 2001.
C’est un homme qui a généralement des positions claires. En octobre 2001, il défend avec fermeté la déclaration «Dominus Iesus» de la Congrégation pour la doctrine de la foi – dont il est membre – qui réaffirme que le Christ est l’unique voie de salut pour tous les hommes. Il souligne l’importance pour les chrétiens, notamment dans un pays comme l’Inde, d’affirmer leur identité vis-à-vis des non chrétiens, lui-même s’étant souvent trouvé dans des situations où il devait défendre les communautés chrétiennes d’Inde en butte aux persécutions.
C’est aussi un homme profondément spirituel, qui était proche de Mère Térésa, et un homme ouvert, chaleureux et souriant. (apic/imedia/pr)



