Le pape considère la collégialité comme un énorme défi
Rome: Conclusion du consistoire par le pape Jean Paul II
Rome, 24 mai 2001 (APIC) Jean Paul II a tracé un bilan du consistoire extraordinaire qui vient de s’achever, le 24 mai 2001, dans son homélie prononcée au cours de la messe de l’Ascension, dans la basilique Saint-Pierre. La collégialité épiscopale, l’œcuménisme, le dialogue interreligieux, les moyens de communication, la mondialisation et les questions morales sont les principaux «énormes défis» présentés par le pape. A la fin de la cérémonie, un message final des cardinaux réunis en consistoire a été publié.
Même si l’Eglise est appelée à un «intense engagement» de prière, elle ne doit pas oublier les problèmes terrestres. C’est ainsi que Jean Paul II a commencé son homélie pour présenter les «énormes défis» relevés par les cardinaux au cours du 6ème consistoire extraordinaire qui s’est déroulé au Vatican du 21 au 24 mai. Le premier défi, selon le pape, est celui de la «collégialité épiscopale» autour du «successeur de Pierre». «Son ministère a pour objectif de promouvoir la communion de l’Eglise, en garantissant l’unité de tous les fidèles», a-t-il déclaré.
Comme exemple concret d’unité, Jean Paul II a cité son dernier voyage en Grèce, en Syrie et à Malte, où il a pu «expérimenter la joie de partager quelques aspects de la vie de nos frères catholiques orientaux» et de voir s’ouvrir «des perspectives œcuméniques» dans les rapports avec les orthodoxes. Le pape a également fait allusion à sa rencontre avec les musulmans, en Syrie mais également en Terre Sainte, durant le jubilé, ainsi qu’avec les juifs.
«Nous vivons dans un monde où les mots surabondent», a continué Jean Paul II soulignant un autre défi que représentent les moyens de communication. Il a en particulier insisté sur le «pouvoir qu’ils ont sur l’opinion publique, soit en bien, soit en mal». «La parole dont nous avons besoin, a-t-il lancé, est celle de sagesse et de sainteté».
Sécularisation, mondialisation et questions morales
Le «processus de sécularisation» et le «phénomène de la mondialisation» dans un monde où les chrétiens «sont en minorité» constitue en outre pour le pape un autre défi. En particulier celui de la «domination» de la science, a-t-il déclaré. Surtout, a expliqué Jean Paul II, «quand elle se montre sensible à la dimension religieuse, le monde moderne accepte pleinement l’image de Dieu créateur», mais pas l’image «d’un Dieu qui s’est fait homme et qui est mort et ressuscité».
Les derniers défis abordés par le pape sont ceux liés aux «interrogations morales». Jean Paul II a en particulier cité les problèmes liés à la bioéthique, à la justice sociale, à la famille et à la vie conjugale. «L’humanité est interpellée par d’importants problèmes, qui remettent en question son destin», a-t-il déclaré.
Plusieurs de ces questions seront reprises lors du prochain synode des évêques prévu au mois d’octobre, a annoncé Jean Paul II à la fin de son homélie, avant de remercier les cardinaux pour leur «contribution précieuse» durant le consistoire. «Je compte en tirer d’opportunes indications concrètes», a-t-il conclu.
Pour la première fois, un rapport public
Les cardinaux ayant participé au consistoire ont par ailleurs publié un message final, le 24 mai à l’issue de la cérémonie. C’est la première fois qu’une sorte de rapport est publié à l’issue d’un consistoire extraordinaire. Reprenant les thèmes de l’unité, de la mondialisation et de la justice, les cardinaux lancent un appel à la paix en Afrique, «où de nombreuses populations souffrent de conflits ethniques, d’une pauvreté persistante et de graves maladies», et en Terre Sainte. «Sur la terre de Jésus, la situation s’est dernièrement aggravée, et trop de sang a déjà été versé», écrivent-ils. Les cardinaux appellent à un «cessez-le-feu».
Ils concluent en faisant allusion au prochain voyage de Jean Paul II en Ukraine, du 23 au 27 juin 2001, affirmant leur «fraternelle communion avec toutes les Eglises d’Orient». (apic/imed/bb)



