Jean-Paul II donne le ton
Rome: Conférence sur la population (180394)
Rome, 20mars(APIC) Le pape Jean-Paul II a reçu vendredi en audience Madame Nafis Sadik, secrétaire générale pour 1994 de la Conférence internationale sur la population et le développement, qui aura lieu au Caire en septembre, et directrice exécutive du Fonds des Nations Unies pour les activités concernant la population. Le pape lui a remis un message écrit dans lequel il fait part de quelques-unes des préoccupations de l’Eglise à la
veille de la Conférence.
«Le Saint-Siège veut attirer l’attention sur certaines vérités de fonds»
qui donnent «la mesure de toute réponse aux données démographiques», écrit
le pape dans ce message: la dignité «inconditionnelle et inaliénable» de
chaque personne, le caractère sacré de «la vie humaine depuis la conception
jusqu’à la mort naturelle, les droits humains, qui sont innés et transcendent tout ordre légal, l’unité fondamentale de la race humaine, qui exige
l’édification d’une communauté libre d’injustices et qui s’efforce de promouvoir et de protéger le bien commun».
Jean-Paul II a tenu à rappeler que toute politique concernant la population doit prendre en compte la développement intégral, «qui vise au bien
véritable de chaque personne et de toute la personne». Il ne faut pas, ditil, réduire la question aux «droits sexuels et reproductifs ni aux droits
de la femme», dit-il, tout en reconnaissant «l’importance des efforts en
vue d’assurer aux femmes la justice et l’égalité».
Pour Jean-Paul II, il est important que la Conférence sur la population,
«en un moment où tant de forces puissantes se liguent contre la famille»,
apporte une réponse fondée sur les termes mêmes de la Déclaration universelle des droits de l’homme, qui affirme que la famille est «l’unité naturelle et fondamentale de la société».
La condition des femmes et des enfants
Il faut éviter toute contrainte en ce qui concerne la liberté du couple
de décider du nombre des enfants, précise notamment le message. «Les gouvernements ou d’autres instances n’ont pas à décider à leur place, dit-il,
mais plutôt à créer les conditions sociales pour qu’ils puissent prendre
les décisions justes à la lumière de leur responsabilité devant Dieu». Il
faut donc éviter «toute propagande ou désinformation» en la matière. JeanPaul II réaffirme ici l’opposition de l’Eglise aux méthodes artificielles
de contraception, à la stérilisation, «toujours plus promue», et au «mal
détestable» qu’est l’avortement.
Le pape attire aussi tout spécialement l’attention sur la condition des
enfants et des femmes, «membres les plus vulnérables de nos communautés».
Il faut «traiter les enfants avec justice et protéger leurs intérêts». «Il
faut aussi affirmer que toute femme a une dignité égale à celle de l’homme.
Elle est pleinement membre de la famille humaine, avec son rôle distinct et
une vocation complémentaire, mais aussi précieuse que celle de l’homme.
Dans beaucoup d’endroits, écrit le pape, il reste beaucoup à faire pour satisfaire les besoins en matière d’éducation et de santé des filles, afin
qu’elles puissent atteindre leur plein potentiel dans la société». En outre, la société ne doit pas permettre que le rôle maternel de la femme soit
méprisé ou jugé insignifiant par rapport à d’autres.
Enfin, Jean-Paul II rappelle qu’il n’y a pas de lien immédiat entre
l’écologie et la croissance démographique. «Les modèles de consommation et
de gaspillage, surtout dans les pays développés, l’épuisement des ressources naturelles, l’absence de restriction ou de sauvegarde dans certains
processus industriels ou productifs sont autant de menaces contre l’environnement».
Il faudra aussi que la Conférence du Caire s’enquière des maladies, des
politiques concernant les personnes âgées, les migrants et leurs droits. Le
pape s’est plaint enfin que le consensus de Mexico de 1994 d’après lequel
«l’avortement ne doit en aucun cas être promu comme méthode de planification familiale» n’est même pas évoqué dans le projet de document préparatoire pour le Caire. (apic/sv/pr)




